Mise en avant

Quels sont les bénéfices d’un jean fabriqué localement ?

tissu jean sur une surjeteuse
Crédits : Marilyne Jacques

Le mois dernier, nous nous sommes penchés sur l’impact environnemental d’un jean conventionnel : culture intensive du coton, kilomètres parcourus, teintures déversées dans les cours d’eau. Le bilan est très lourd. Heureusement, cet impact peut être divisé par six quand on utilise des matières biologiques et travaille avec des partenaires engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement. Il peut même être divisé par vingt en valorisant de la matière existante.

De plus en plus de jeans sont estampillés ecofriendly, mais leurs conditions de fabrication respectent-elles les Hommes ? Au-delà de l’aspect environnemental, nous sommes portés par les valeurs des entreprises et des artisans français avec lesquels nous travaillons.

Le constat

La confection est la dernière étape de la chaine de fabrication – si l’on met de côté les opérations de finitions (sablage, décoloration, usure, blanchiment, délavage) que nous ne réalisons pas par souci d’écologie et de durabilité. C’est ici que l’on coupe et que l’on assemble les pièces du vêtement. Pourtant, ce n’est pas aussi simple.

Une grande partie des jeans vendus dans le monde est le fruit de la fast fashion, qui bafoue chaque jour un peu plus les droits de l’Homme. En effet, les demandes des marques sont si conséquentes que chaque usine propose de confectionner à moindre coût les vêtements, au détriment de la santé de leurs salariés. Ce sont des « sweatshops », des usines où les employés travaillent dans la sueur, sans protection sociale ou syndicat, dans des locaux insalubres et pour un salaire misérable. Ces derniers manipulent des produits dangereux (teintures, sablages), travaillent plus de dix heures par jour pour quelques euros (32 centimes américain de l’heure au Bangladesh), et n’ont parfois pas l’âge légal pour exercer une activité salariée. Nous ne pouvons pas oublier la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, un immeuble du secteur textile produisant pour des marques comme Mango ou Primark, qui s’est effondré à cause de sa vétusté et a fait 1 127 morts en avril 2013.

effrondrement du Rana Plaza
Crédits : CC rijans

Si des marques ont choisi d’aller faire confectionner leurs vêtements à l’étranger, c’est avant tout pour diminuer les coûts de production et proposer des prix bas. Un vêtement confectionné chez un sous-traitant de la fast fashion coûte 10 fois moins cher à une marque qu’un vêtement fabriqué dans l’Hexagone.

Le rapport n° 1714 d’Insee Première nous apprend que depuis les années 1990, l’industrie textile française a perdu « les deux tiers de ses effectifs et plus de la moitié de sa production » au profit d’une délocalisation vers les pays asiatiques principalement (Chine, Bangladesh, Vietnam, Inde). La sous-traitance est très utilisée par les industriels du textile, car la division des étapes est importante : « 80 % pour les T-shirts et 95 % pour la lingerie féminine ». Certaines grandes multinationales françaises produisent pour moitié en France seulement, ce qui peut brouiller les consommateurs qui, pensant bien faire, achètent un article façonné dans un sweatshop.

La transformation du tissu en vêtement ne peut se faire sans le savoir-faire d’un ouvrier qualifié, pourtant ce dernier est très souvent laissé pour compte par les industriels.

Pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous savons faire ici ?

Depuis le départ, la fabrication française est une de nos priorités. Nous savons combien le savoir-faire textile de nos régions est de qualité et nous souhaitons le valoriser. Nos bureaux sont situés en Essonne et nos ateliers de confection partenaires se trouvent à quelques centaines de kilomètres, dans le Nord, les Vosges et la Loire : 100 % de nos vêtements sont fabriqués en France.

Nous collaborons avec un réseau de professionnels riches d’un savoir-faire textile et impliqués dans la protection de l’environnement, comme Tissage de France qui travaille depuis 2016 avec 1083 sur le recyclage de jeans pour produire un fil en 100 % coton recyclé. En s’associant avec des acteurs français, nous pouvons tracer nos produits, de la matière première à la confection du vêtement, en passant par le filage des fibres, la teinture, le tissage des fils, et être ainsi totalement transparents envers vous.

carte de France des partenaires Ecclo
Les choses ont évolué depuis 2018, mais la fabrication française a toujours été au centre de nos projets

Faire confectionner en France, c’est aussi participer à l’économie locale, injecter son argent au bon endroit et pour les bonnes personnes. C’est permettre à une entreprise d’embaucher des couturiers et couturières, créer de la valeur, irriguer l’économie française (pour reprendre les mots d’Hopaal). C’est être indépendant des importations. C’est enfin, et surtout, préserver des emplois, garantir des conditions de travail décentes, et ne pas contribuer à l’esclavage moderne, comme c’est en ce moment le cas dans les camps Ouïghours.

Qui produit les jeans Ecclo ?

Tissage de France

Le tissu de votre prochain jean a été racheté à une usine de filage et tissage située en plein cœur des Vosges depuis 1837 devenue Tissage de France en 2018 sous l’impulsion de Thomas Huriez et Denis Heinrich.

Lors de notre tour de France des fournisseurs et partenaires en septembre dernier, nous avons retrouvé Denis, qui nous avait mis de côté 38 rouleaux de denim bio, filé, teint, tissé en France comportant un léger défaut tous les 7 mètres. Ces 1 908 mètres de tissu dormaient depuis près de deux ans dans l’usine.  Nous avons déjà collaboré avec Denis pour les tissus de nos pantalons taille haute, et nous savons que, en plus de valoriser un tissu existant, nous allons produire des jeans de qualité.

Groupe Contino

Nos jeans sont confectionnés chez Contino, à Uxegney dans les Vosges. C’est en 2017 que nous avons rencontré Elodie Contino, au salon du Made in France. A l’époque nous cherchions un atelier qui pouvait nous suivre dans notre démarche : confectionner plusieurs types de vêtements à partir de fins de rouleaux de tissu et donc en petite quantité (une chemise en 6 exemplaires, un pantalon en 80 exemplaires , une jupe en 26 exemplaires). Il aurait été plus simple pour Contino de confectionner un seul modèle de vêtement en 500 exemplaires, comme c’est souvent le cas, mais Joseph, le directeur de l’usine, a su s’adapter à notre modèle et ne nous a jamais imposé de volume minimum. Grâce à lui et sa fille, nous avons pu nous lancer.

Le groupe Contino est spécialisé dans le jean depuis plusieurs années désormais. Il était naturel de se tourner vers son expertise pour notre collection de jeans. L’usine Tissage de France étant situé à 80 km de l’atelier, les 38 rouleaux de toile de jean bio y ont directement été livrés !

rouleaux de tissu jean dans l'usine Contino
1 908 mètres de denim près à être transformés en jean par les couturiers et couturières de l’usine Contino

JSD Création

Nous travaillons depuis nos débuts avec JSD. Toutes nos étiquettes sont fabriquées chez eux (composition, extérieures). Nos jeans comporteront deux étiquettes fabriquées par JSD, ainsi que l’étiquette en simili-cuir positionnée à l’arrière. L’entreprise est située à Saint-Etienne : les étiquettes auront peu de kilomètres à parcourir pour rejoindre leurs jeans made in Vosges.

Bruneel

Jusqu’à présent, nos fils étaient achetés à un fabricant allemand, car nous n’avions pas trouvé de fabricant sur le territoire. Il y a quelques mois, on a repris nos recherches et nous avons découvert Bruneel, une entreprise familiale située dans le Nord de la France depuis 1973. Nos jeans seront cousus avec ces fils français certifiés Oeko-tex.

Avec ces quatre nouveaux modèles de jeans, nous poursuivons notre engagement pour une économie plus circulaire.

  • Nous ne puisons pas dans les ressources naturelles.
  • Une matière de qualité est revalorisée et rachetée à sa juste valeur. Elle n’est ni jetée, ni vendue à un destockeur contre quelques centimes le mètre.
  • Le jean est confectionné dans un atelier français spécialisé.
  • La distance qui sépare les étapes de la fabrication du jean est considérablement diminuée.
  • Les modèles sont produits en fonction de la demande et vendus au prix le plus juste.

Nos sources

La Mode sans dessus dessous – ADEME

Le Revers de mon look – ADEME

L’industrie textile en France : une production mondialisée, sauf pour les produits de luxe et les textiles techniques – INSEE

Mise en avant

Valoriser l’existant pour fabriquer un jean, la planète y gagne quoi ?

Il y a quelques semaines, on a décidé de racheter une quantité importante de toile de jean qui dormait chez un fabricant français pour lancer une production début 2021. Conscients de la pollution qui se cache derrière le classique de notre garde-robe, on a voulu comparer l’impact environnemental de notre jean à celui d’un jean conventionnel.

La culture du coton

Le denim est essentiellement composé de coton. Dès le début, cela pose un problème. En effet, bien qu’il s’agisse d’un textile d’origine naturelle, la production de coton est très polluante. Les cultures sont principalement implantées en Inde. Elles ont transformé les espaces naturels et les habitations, aujourd’hui recouvertes de cette monoculture.

De plus, le coton est rongé par les insectes : de grosses quantités de pesticides sont utilisées, comme le diéthon, qui est cancérigène. On estime que 24 % des pesticides pulvérisés au niveau mondial le sont pour la culture du coton, alors que cette fleur ne représente que 2 % des surfaces cultivées. Un kilogramme de coton contient la trace de 70 pesticides et a reçu l’équivalent de 2 kilogrammes d’engrais.

Culture du coton en inde

Ensuite, le coton demande une quantité importante d’eau : pas loin de 5 263 litres par kilo produit. Sa culture assèche les étendues d’eau du monde. La mer d’Aral, située en Asie occidentale et grande comme deux fois la Belgique, en est un triste exemple puisqu’elle a disparu du fait de l’irrigation des champs de coton ouzbeks.

Et les jeans Ecclo ?

Le coton de nos futurs jeans est biologique et provient de Tanzanie. De la semence de la graine à la récolte de la fleur, le coton est cultivé sans pesticides, insecticides ou engrais chimiques, et sans OGM. Les bénéfices sont nombreux, comme la préservation des sols, des écosystèmes environnants et la protection de la santé des Hommes qui travaillent sur la chaîne de production. Le coton biologique permet également d’économiser de l’eau par rapport au coton conventionnel, lorsqu’il est produit dans une région propice à sa culture. C’est le cas de la Tanzanie qui bénéficie d’un climat tropical.

La production du tissu

Filature et tissage

Après avoir été cultivé, le coton est envoyé dans des usines de filature, très souvent asiatiques. On est loin du denim historiquement fabriqué à Nîmes…

D’abord, il faut nettoyer les fibres en profondeur, pour éliminer les résidus d’engrais. Cette étape consomme une importante quantité d’eau qui, dans certains cas, est rejetée dans la nature sans avoir été traitée.

Ensuite, lors du tissage, les fils sont soumis à de très fortes contraintes mécaniques. Pour les protéger et les lubrifier, des agents d’encollage enrobent les fils de chaîne avant le passage sur les métiers à tisser. Ce sont des agents d’origine naturelle (amidons, celluloses, protéines…) et des substances synthétiques (polyester, polyacrylate…) qui sont éliminés des étoffes lors du désencollage.

Et les jeans Ecclo ?

  • Ils ont été filés et tissés dans les Vosges, dans l’usine où nous avons racheté les 38 rouleaux inexploités. Aucun produit toxique dangereux n’a été utilisé pour leur fabrication.
Visite de l’usine Tissage de France – Septembre 2020

L’entreprise détient 2 labels pour leur toile de jeans :

  • Vosges Terre Textile qui certifie la qualité, la traçabilité, l’authenticité, la créativité et l’innocuité des produits fabriqués.
  • GOTS (Global Organic Textile Standard), qui est la référence mondiale en termes d’évaluation des fibres biologiques.

Teinture

Le tissu jean est très souvent traité. La teinture indigo est synthétisée en Allemagne et réalisée dans les pays d’Asie du Sud-Est. Les teintures sont généralement relâchées dans les cours d’eau, sans traitement préalable. On estime que 20 % de la pollution marine pourraient s’expliquer par la teinture (Ademe). La toile est parfois vieillie en Tunisie (chlore), délavée par sablage ou pierres ponces en Turquie.

Source : Mode in textile

Et la teinture de nos prochains jeans ?

  • La teinture a été faite dans une usine spécialisée située dans le Nord. Les pratiques sont ici bien différentes de celles des pays émergents. Les règlements européens obligent les usines à s’équiper de systèmes d’épuration de l’eau et limitent l’emploi de produits chimiques nocifs pour l’environnement et la santé. La teinture des toiles de jeans que nous avons rachetées est certifiée Oeko-Tex (exempt de traces de produits chimiques dangereux pour la santé) et ECOGRIFFE (atteste de la qualité élevée des tissus et l’absence de danger des produits).
  • Pas de traitement au chlore, ni de délavage. La toile des jeans est brute.

Les accessoires

Rivets en zinc faits en Australie, fermeture Eclair du Japon… Le monde entier est impliqué dans la production et la fabrication du jean, chaque continent a sa spécialité…

Et pour les jeans Ecclo ?

Les accessoires seront fabriqués au plus près : les rivets et les boutons seront de fabrication italienne et ne contiendront pas de nickel (de nombreuses personnes en sont allergiques). Les fermetures Éclair YKK seront de grande qualité et fabriquées en Turquie, les étiquettes françaises sans matière animale.

Pour résumer

Le jean conventionnel a été conçu aux quatre coins du monde, et le monde entier en achète. 73 jeans sont vendus par seconde, soit 2,3 milliards d’unités vendues dans le monde par an. Un tiers de la planète achète au moins un jean par an, tout cela dans un sacré nuage de pollution.

Source : We Dress Fair

Et Ecclo ?

Nos jeans auront parcouru moins de 11 000 km :

  • Le tissu que nous avons racheté dans les Vosges va voyager moins de 80 km pour rejoindre notre atelier de confection partenaire situé à Épinal.
  • Les jeans confectionnés seront acheminés 350 km plus loin, dans nos locaux essonniens pour ensuite être envoyés à votre domicile. 
  • Le plus long trajet a été effectué par le coton, il y a deux ans et en provenance de Tanzanie (soit 9000 km). Celui-ci a été transformé (filature, teinture, tissage) en France dans un rayon de 950 km.

Finalement, un jean, la star du dressing, est plus polluant que ce que l’on pourrait penser : acidification des sols par les pesticides et la surproduction, pollution marine par les lavages et la teinture, occupation des territoires agricoles, consommation d’eau, etc.

Chez Ecclo, on a essayé de créer des jeans qui ont une faible empreinte sur la planète. On est parti de l’existant, en rachetant 1 908 mètres de tissu jean biologique, filé, teint et tissé en France, afin de valoriser une matière de qualité et le savoir-faire local. Nos modèles répondent au mieux aux attentes des consommateurs, grâce au questionnaire que nous avons mis en place en novembre 2020 et qui a reçu plus de 800 réponses. Le nombre de kilomètres parcourus par nos prochains jeans est 6 fois moins important que pour un jean conventionnel, car exceptée la provenance du coton (Tanzanie) et de certains accessoires de mercerie (Italie, Turquie), la majorité des étapes de fabrication du jean est réalisée dans un périmètre très restreint (entre les Vosges et le Nord).

Combien de jeans Ecclo seront produits en 2021 ?

Le nombre d’exemplaires que nous proposerons ne dépassera pas les 1 200, pour les 4 modèles de jeans réunis, car c’est le maximum que nous pouvons fabriquer à partir de ce denim revalorisé. Pour vous donner une idée, le géant suédois de la fast fashion vend l’équivalent de notre production annuelle toutes les… 7 minutes.

PS : si vous voulez prendre soin de votre jean, on vous conseille notre article sur le lavage.

Nos sources

« L’impact environnemental d’un jean » de Comprendre pour changer

« Le denim : quel est l’impact social & environnemental de nos jeans ? » The Good Goods

« Quel est le véritable impact écologique d’un Jeans ? » Mars-ELLE

« Le revers de mon look » ADEME

Comment limiter son impact numérique ?

Photo by Nikita Kachanovsky on Unsplash

Cela fait quelques mois que la numérique a pris une place encore plus grande dans notre quotidien. Télétravail quotidien, école à la maison, visioconférences s’ajoutent aux heures que l’on passait déjà sur Internet, et on ne parle même pas de l’arrivée de la 5G… Derrière les écrans se cachent une forte pollution, dont il faut prendre conscience.

Le numérique, c’est quoi ?

Le numérique est matériel et immatériel : appareils électroniques, informations en ligne, vidéos, données mobiles.

En juillet 2018, nous avions participé à une conférence réalisée par Point de Mir lors du Festival Zero Waste. Nous avions alors recueilli de nombreux chiffres, qui feraient défaillir le plus geek d’entre nous, car le numérique c’est :

  • 4 % des émissions de gaz à effet de serre (la mode, c’est 2 %)
  • 15 % de la consommation électrique (dont de très nombreuses énergies vampires consommées lorsque les appareils restent en veille)
  • Un système 4G, 24 fois plus énergivore qu’un câble Ethernet branché sur ordinateur (et on n’ose même pas vous parler de la 5G)

Oui, ça commence à faire beaucoup, et ce n’est que la partie invisible de l’iceberg.

Chaque ménage compte en moyenne 25 produits numériques. Pour information, un simple smartphone contient une soixantaine de métaux lourds et, selon l’Ademe, la fabrication d’une tablette provoque 338 kilogrammes de déchets, dû au forage des mines pour les métaux précieux en particulier. Plus de 60 % des gaz à effet de serre du numérique sont provoqués par la fabrication des équipements. Il est donc très important d’agir sur les 40 % restant.

Une consommation numérique raisonnable

Des gestes parfois anodins ont un très gros impact sur le numérique. Ils sont simples à adopter au quotidien, et comme toujours, si tout le monde le fait, les résultats seront conséquents 😊

Un invisible qui pèse lourd

Le numérique est surtout invisible. Il se balade dans les câbles, mais il s’agit de milliers de kilomètres de tuyaux qui traversent les océans. En moyenne, une donnée parcourt 15 000 kilomètres, certainement plus que ce que vous roulez chaque année avec votre voiture.

Pour libérer les serveurs continuellement ventilés pour ne pas surchauffer, vous pouvez mettre en place des habitudes simples :

  • Mettre en favoris les sites régulièrement consultés
  • Ne pas surcharger les réseaux sociaux : vivez les moments avant de les partager sur votre compte Instagram !
  • Ecouter en streaming (Spotify, Deezer) plutôt que sur Youtube, afin de ne pas faire charger une vidéo et un son
  • Supprimer les mails régulièrement (il s’en envoie 200 milliards par jour) + se désinscrire des listes de diffusion + éviter de « répondre à tous » lorsque l’information ne concerne qu’une personne parmi 50 destinataires
  • Favoriser le transfert de pièces-jointes par clef USB ou WeTransfer. Et surtout, supprimer les mails contenant des PJ enregistrées.

Prendre soin de ses biens

D’autres solutions existent pour limiter son impact matériel :

  • Entretenir ses équipements et lire la notice, afin de comprendre leur utilisation et ne pas faire griller les moteurs
  • Acheter d’occasion : comme pour les vêtements ou les livres, les appareils électriques et électroniques sont facilement trouvables de seconde-main ou reconditionnés (remis à neuf). Cela permet de ne pas générer de nouveaux déchets liés à la fabrication d’un produit… qui existe déjà !
  • Éteindre les équipements inutilisés pour économiser quelques kilowatts (en moyenne 80 € à la fin de l’année). Économique et écologique.

Le numérique, c’est comme tout. Il ne faut pas en abuser, et être conscient de la pollution qu’il occasionne.

Nos sources

Conférence Point de Mir

« La Face cachée du numérique » Ademe

« Modélisation et évaluation des impacts environnementaux de produits de consommation et biens d’équipement » Ademe

LA FRINGALE CULTURELLE S’INVITE CHEZ VOUS !

Le respect de l’environnement et l’économie locale nous animent depuis le départ. Mais nous n’oublions pas la culture qui nous inspire chaque jour : lectures, sorties, visites, films, et expos influencent la direction artistique d’Ecclo.

Il y a 6 mois, nous avons rencontré Christophe, le créateur de La Fringale Culturelle, et on doit vous avouer quelque chose : on a du mal à décrocher de ce magazine. La Fringale, c’est d’abord un média libre et indépendant. Rien de consensuel, pas de partenariat pour vous faire acheter tout et n’importe quoi. Les publicités ne font pas partie de ses pages.

numéros de La Fringale Culturelle

Chez La Fringale Culturelle, la direction est toute autre. Ce qu’on aime à chaque nouvelle lecture, c’est ce bouillon de pop culture très sophistiqué, 144 pages où l’on parle cinéma, musique, lecture, théâtre et série télé. Christophe court après les jeunes artistes, pour des entretiens singuliers illustrés de shootings photos comme on les aime : sobres et élégants.

On apprécie tellement ce magazine, que l’on a eu envie de le partager avec vous : pour toute commande passée sur notre site avant la saint Sylvestre, on vous offre le numéro de votre choix (et les frais de port en prime).

partenariat La Fringale Culturelle et Ecclo

Et si votre garde-robe est déjà remplie de modèles Ecclo, vous pouvez bénéficier d’un numéro à 10 € au lieu de 12 € avec le code promo FRINGUECCLONUMERO sur le site de La Fringale Culturelle et de l’abonnement annuel de 6 numéros à 50 € au lieu de 60 € avec le code promo FRINGUECCLO.

Soyez-en sûr, si vous aimez notre démarche, si vous aimez nos vêtements, vous adorerez La Fringale Culturelle !

couverture du numéro 9 de La Fringale Culturelle
N° 9 de La Fringale Culturelle

Bien laver ses vêtements, ou comment allonger leur vie

laverie
Photo by Scott Evans on Unsplash

Ouvrir le hublot de sa machine à laver fait partie de notre quotidien. Un T-shirt porté une journée et direction la corbeille de linge sale. Et si l’un des plus gros impacts de l’industrie textile se cachait derrière ce simple geste ?

Une pollution à tous les niveaux

On le sait désormais, l’industrie de la mode pollue. Avec 100 milliards de vêtements vendus, elle émet chaque année 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre. D’après l’Ademe, 4 % de l’eau potable sont utilisés pour produire les vêtements. Il faut environ 10 000 litres d’eau pour produire un seul jean, et plus de 2 500 litres pour un T-shirt. On estime également que 30 % des cours d’eau sont pollués par la teinture textile.

De plus, 17 % de la consommation d’eau d’un foyer est due au lavage en machine. Cette eau est polluée par les lessives contenant des agents tensioactifs ou de blanchiment, des solvants, des parfums, et d’autres substances non biodégradables.

Mais ce n’est pas tout : selon l’Ademe, les vêtements synthétiques (dont les fibres sont dérivées du pétrole) rejettent plus de 500 000 tonnes de microfibres de plastiques dans les océans. Il s’agit de la principale source de pollution des océans, avec les sacs plastiques.

Moins de lavage en machine, une solution ?

Opter pour les matières naturelles

Généralement, on passe ses vêtements en machine car ils sont tachés, parfois car ils sentent. Pour cette seconde raison, l’odeur provient souvent de la matière du vêtement. En effet, la réaction de la sueur avec une matière synthétique génère plus d’odeur. Faites le test avec un t-shirt en polyester et un t-shirt en coton, vous sentirez la différence !

De plus, en portant des vêtements en matière naturelle, vous ne contribuerez pas à la pollution marine liée aux microparticules de plastique. Certaines matières sont intéressantes, tels que le coton (biologique, car sa culture nécessite beaucoup d’eau et de pesticide), le lin, le chanvre, voire des matières hybrides fabriquées à partir de matières premières naturelles transformées comme le lyocell (pulpe de bois dissoute dans un solvant organique recyclable). Les matières dérivées du plastique recyclées, bien qu’elles revalorisent l’existant, ne permettent pas la diminution de la pollution marine liée au plastique.

Source : Joshua Kurek

Cependant, cette affirmation est à nuancer. En effet, les fibres naturelles sont également présentes dans les mers et océans. Et elles sont plus polluantes que ce que l’on croit. Nous nous sommes fondés sur l’analyse de l’ingénieure matériaux Kakolina pour rédiger ce paragraphe. De nombreuses études ne prennent pas en compte l’effet des microfibres naturelles sur l’environnement et mettent seulement l’accent sur les microparticules de plastique. Pourtant, il a été démontré que, comparé au polyester, 4 à 5 fois plus de fibre de coton sont créées à chaque cycle de lavage, quelle que soit la température. Cela pose un problème car, bien que biodégradables – contrairement aux fibres synthétiques –, les fibres naturelles mettent longtemps à se dégrader et deviennent des nanoparticules. La durée de dégradation augmente dès qu’un traitement chimique est réalisé sur la fibre textile (teinture, imperméabilisation, etc.), jusqu’à plus d’une centaine d’années. Récemment, nous avons découvert que près de 80 % des fibres retrouvées dans les fonds marins du sud de l’Europe étaient des fibres naturelles de coton et de lin.

Pour limiter la dispersion de particules synthétiques ou naturelles dans l’eau, des filets de lavage ou des cartouches reliées au tuyau d’eau permettent de récupérer les particules. Deux inconvénients sont malgré tout notables :

  • Les particules sont mises à la poubelle, et peuvent se retrouver enfouies et polluer les sols.
  • Les cartouches doivent être changées régulièrement, même si elles sont consignées et réutilisées par la suite.

Il est donc indispensable de se tourner vers des vêtements de qualité, dont la matière et les teintures sont durables. Cela permet de diminuer la pollution qui a lieu lors de la fabrication du textile (teinture, matière première), lors du lavage (microparticules) et après l’utilisation. En effet, on peut l’oublier, mais un vêtement qui ne résiste pas au lavage, qui se détend ou déteint, ne pourra pas être revalorisé s’il est déposé dans une borne de tri de vêtements.

pollution de l'eau teinture
Source : Chaussettes orphelines

Changer de lessive

On pense souvent que, plus on met de lessive, plus le linge est propre. Au contraire, trop de mousse dans le tambour de la machine empêche les vêtements de se frotter et donc de se nettoyer (comme dans les lavoirs, quand les femmes frottaient les linges). De plus, il faut doser la lessive en fonction de la dureté de votre eau (information à demander à votre commune) : plus l’eau est dure, plus elle demande de lessive. Enfin, il faut suivre les consignes inscrites sur l’emballage de votre lessive.

Deux labels sont à chercher pour un lavage écologique :

  • l’Ecolabel Européen qui assure des impacts environnementaux réduits sur l’ensemble du cycle de vie du produit,
  • l’Ecocert qui garantit une composition au maximum naturelle, peu de produit synthétique et peu de risque environnemental.

Vous pouvez aussi fabriquer vos lessives maison, en suivant les recettes proposées par L’Info Durable par exemple. Ou tout simplement vous tourner vers des marques françaises telles que Mutyne, une lessive naturelle, écologique et efficace à basse température ou Les Gargouilles, dont les boules de bio-céramique agissent naturellement sur le PH de l’eau.

montage lessive maison, Mutyne, Les Gargouilles

Laver en mode éco

On peut avoir peur que le lavage basse température ne tue pas les bactéries. Mais il faut garder à l’esprit que ce sont des bactéries présentes sur notre peau, qui sont donc sans risque. Il faut plutôt se méfier des champignons qui peuvent se multiplier si le linge est mal séché. Pour un lavage écologique, il est préconisé de ne pas laver ses vêtements à plus de 40 °C, en « mode éco ». Une étude de l’Université de Leeds montre que le lavage peut être réalisé à 25 °C (en utilisant des produits adéquats) afin de diminuer les microparticules relâchées dans l’eau et la détérioration des linges (teintures).

Le lavage des vêtements à 30 °C a de multiples avantages :

  • économies d’énergie,
  • limitation du relâchement des particules dans l’eau,
  • usure du vêtement plus lente.

Le lavage est une manière de respecter l’environnement et nos vêtements. Les vêtements de mauvaise qualité ne nous donnent pas toujours envie d’en prendre soin : une tache de peinture qui ne part pas sur un T-shirt à 5 € ? Ce n’est pas grave, j’en rachèterai un. Un jean made in France qui a rétréci à cause d’un lavage à 60 °C ? Cela est un peu plus problématique. Prendre soin de ses vêtements peut donner envie de se tourner vers une garde-robe de meilleure qualité, et pourquoi pas éthique ?

Finalement, l’eau fait partie intégrante de la vie d’un vêtement. Lors de la production, elle est souillée par des teintures, engrais et autres procédés chimiques ; lors de la vie du vêtement, des particules et produits chimiques y sont relâchés ; après usage, le vêtement continue de polluer les eaux. Il est primordial de repenser sa consommation (matière naturelle, peu de teinture) et son utilisation (lavage écologique) des linges. Utiliser des produits naturels et ne pas laver ses vêtements après chaque utilisation (sauf si tache ou odeur forte) permet de moins polluer les eaux et de moins abimer les vêtements. Carl Chiara, directeur de la société Levi Strauss & Co, avoue sans pudeur ne laver ses jeans que tous les six mois !

Pour aller plus loin sur le lavage à faible température, nous vous conseillons de vous pencher sur ce paradoxe du cycle de lavage.

Nos sources

« A quelle fréquence laver ses jeans ? L’entretien des jeans décrypté » Fourchette et Bikini

« Cinq conseils pour entretenir ses vêtements en respectant la planète » Camille DUFÉTEL pour L’Info Durable

« Comment réduire votre impact sur l’environnement avec un seul doigt ? » Sophie PAQUET pour Acteur Durable

« Impact du lavage des textiles naturels & synthétiques sur l’environnement » Kako pour Kakolina

« Une étude universitaire affirme que laver le linge à 25°C est meilleur pour l’environnement. Mais les vêtements ressortent-ils propres de la machine ? » avec Lucy COTTON, Stéphane GAYET pour Atlantico

« Vêtements écologiques : quelles fibres textiles choisir ? » Camille DUFÉTEL pour L’Info Durable

« Vous voulez sauver la planète ? Arrêtez de laver vos vêtements » Alice HUOT pour L’ADN

La fast fashion française, vous connaissez ?

Il y a quelques jours, on vous donnait notre opinion sur la collection de mode LIDL (quoi ? vous avez déjà oublié ces baskets ? ça valait le coup), qui montre combien l’industrie textile se détourne des problèmes environnementaux et sociaux.

On aurait voulu vous dire que la fast fashion est l’œuvre des géants du secteur qui produisent chaque mois des centaines de modèles dans des usines asiatiques. Malheureusement, une marque créée il y a quelques années et estampillée 100 % français semble reprendre ces codes : des pièces fabriquées en France par milliers et vendues à bas prix.

Plutôt que de vous donner le nom de la marque, on préfère que vous reteniez les prix pratiqués (19 € pour un t-shirt et 59 € pour un jean fabriqués en France) pour vous expliquer les problèmes que la « fast fashion française éthique écolo » engendrent.

De bonnes conditions de production ?

La marque que nous questionnons vend à petit prix des vêtements fabriqués en France. Pour exemple, au moment de la rédaction de cet article (début juillet 2020), un T-shirt en 100 % coton floqué et fabriqué dans les Hauts-de-France était vendu 19,00 € au lieu de 25 €. Ici, deux choses nous posent soucis :

  • Comme pour chaque marque, une réduction signifie que cette dernière réalise une marge assez importante pour se permettre de baisser les prix. En réduisant de 6 € le prix du T-shirt en coton fabriqué en France, la marque continue de réaliser des bénéfices. On sait pourtant à quel point il est encore difficile de dégager une marge intéressante lorsque l’on est une marque qui produit en France, donc on se demande naturellement quel peut être le prix de fabrication de chaque pièce.
  • Nous connaissons les prix de la fabrication française. Pour proposer un T-shirt made in France à 19 €, le coût de fabrication doit être minime. Mais qui en paye les frais ? L’usine de confection, même si elle est française. Cette dernière est tiraillée entre le fait de devoir fabriquer x milliers de T-shirts à un rythme effréné pour un revenu unitaire faible et les répercussions qu’entrainerait l’abandon d’une commande d’une telle ampleur. Ainsi, alors que l’on pointe du doigt les grands groupes textiles qui font fabriquer dans les pays asiatiques pour baisser le prix de production – et donc de vente –, on retrouve ici le même schéma, mais de la part d’une entreprise française qui fabrique sur son propre territoire.

Et l’environnement ?

Comme nous l’avons vu, pour réduire les coûts de fabrication, la commande de T-shirt doit être élevée. Qui dit commande élevée dit forte production, voire surproduction et enfin surconsommation. Notre raisonnement est simple, mais il est réel. La fast fashion produit de nombreuses pièces à faible prix, vendues à bas coût, pour pousser à la surconsommation. Dans notre cas, le problème est insidieux, car on ne pense, en achetant du made in France, que l’on va contribuer à la déforestation ou à la dispersion de pesticide.

Pourtant, dès que l’on produit quelque chose de neuf, des nuisances environnementales découlent. Selon l’Ademe dans son rapport « La Mode sans dessus dessous », 24 % de l’utilisation globale des pesticides sont consacrés à la culture du coton, alors que cette plante représente seulement 2,4 % des surfaces cultivées. Donc, pour produire ce T-shirt en coton (origine non indiquée sur la fiche produit), confectionné en France et vendu 19 €, la marque française a contribué à la culture de ce coton qui a un lourd impact sur l’environnement. Toujours selon l’Ademe dans la « Modélisation et évaluation des impacts environnementaux de produits de consommation et biens d’équipement », la fabrication d’un T-shirt engendrent 10 kilogrammes de déchets. Cela provient du fait que la filature, la fabrication du fil, la confection du vêtement, la création de l’étiquette, etc. génèrent des déchets. Derrière chacun de ces T-shirts se trouvent 10 kilogrammes de déchets. Pas très vertueux.

Bien sûr, on ne jette pas la pierre aux entreprises ayant une réelle éthique qui produisent du tissu et font fabriquer des vêtements en France ou en Europe. On remet en cause le modèle de cette marque frappée d’un coq qui reprend les codes de la fast fashion (grosse production, prix attractif, faible considération de l’usine, etc.) tout en se présentant comme l’entreprise qui propose enfin du made in France à bas prix.

Un bilan lourd de sens

Finalement, nous pensons que cette fast fashion fabriquée en France est de qualité inégale : on ne peut pas offrir le prix, la valorisation du savoir-faire français et la qualité pour 19 euros. Les coupes sont pensées pour minimiser le travail, et qui dit moins de couture dit moins bonne qualité. Et cela est vicieux. En effet, une personne qui se tourne vers du 100 % français se retrouve avec un T-shirt distendu après quelques mois, et se dit que la qualité française ne vaut pas mieux que la qualité asiatique. Cela a une incidence sur les autres marques de mode éthique françaises, qui voient leur réputation baisser à cause d’une mauvaise expérience.

On ne peut que vous conseiller de rester vigilants, de vous informer et de décrypter ce qui se cache derrière quelque chose de trop parfait pour y croire.

Photo by lan deng on Unsplash

Les baskets LIDL : fast fashion, coup de comm ou objet de pop culture ?

12,99 € les baskets aux couleurs flashy de l’enseigne de hard discount et une édition limitée qui se revend à prix d’or. Voici la stratégie gagnante de LIDL, nouveau diplômé de fast fashion ? ️

Il y a deux jours, quand on a appris la nouvelle, notre première question a été : « Comment peut-on proposer une paire de baskets aussi peu chère ? » On savait qu’en bafouant les droits humains dans les pays en développement et en s’approvisionnant en textile de mauvaise qualité on pouvait réduire drastiquement le coût de fabrication d’un produit et proposer des baskets à une trentaine d’euros. Mais LIDL nous montre que l’on peut aller encore plus loin.

On s’est alors dit que la marque avait dû produire 1 million de ces baskets pour pouvoir diminuer autant les coûts (la fameuse économie d’échelle). Et là on ne vous raconte pas l’impact environnemental de cette surproduction.

Mais il faut creuser un peu plus. A l’heure actuelle, on n’a aucune information sur la composition de ces baskets, ni sur le lieu de fabrication. Qui sait, elles ont peut-être été fabriquées en Europe et avec des matières recyclées. On va loin, mais cela pourrait être possible. On vous explique :

Avec une édition limitée à 2 000 exemplaires vendue à si bas coût (et produite dans les pires conditions humaines et environnementales), LIDL a perdu de l’argent dans cette opération. Avec une si faible quantité produite, les coûts de fabrication n’ont pas pu être drastiquement réduits (ce qui, dans la fast fashion, permet de vendre les produits à un prix extrêmement faible, comme un T-shirt encore moins cher qu’un kilo de pommes de terre).

Cette opération de la part du géant allemand n’est rien d’autre qu’une opération de comm (que peut se permettre un multinationale qui pèse des milliards d’euros).

Se rendre populaire et faire de ces baskets des objets de pop culture.

Généralement, quand l’on sort une édition limitée, le coût est élevé, tout l’inverse d’un prix LIDL. C’est la rareté, l’offre inférieure à la demande, qui justifie le prix.

LIDL savait très bien, en proposant si peu d’exemplaires à une clientèle de plusieurs millions de personnes, que ces baskets allaient partir comme des petits pains. Le groupe savait aussi très bien qu’en les vendant à un prix juste, sa clientèle ne s’y serait pas intéressée.

Quand l’équipe de communication de LIDL a dit : « On ne s’attendait vraiment pas à un tel succès », cela nous a vraiment fait sourire. Ne soyons pas dupes. Cette opération était calculée et la revente de ces baskets à plus de 750 € pour certaines tailles était l’effet attendu par l’enseigne.

Avec cette opération, LIDL s’achète une image cool et permet à sa « communauté » d’avoir accès à des éditions limitées à bas coût.

Mais une chose est sûre, vous ne risquez pas de voir ces baskets portées durant l’été, ni même après, car en tant qu’éditions limitées, ces baskets vont rester dans leurs boîtes, sur des étagères, ou même encadrées dans certains salons.

Finalement, on se dit que cette opération aurait pu être sympa, si on avait de l’estime pour LIDL. Mais ce qui nous intéresse, en tant que marque de vêtement écoresponsable, c’est l’impact humain et environnemental qu’a généré la fabrication de ces baskets. Et on craint le pire.

Etant donné que LIDL a perdu délibérément de l’argent dans cette campagne de comm’ et que la marque a énormément de moyens, cette opération aurait pu être vertueuse en fabriquant ces 2 000 baskets en Europe et avec des matériaux écologiques ou recyclés. Mais cela lui aurait coûté environ 60 € par paire soit 120 000 €.

Au vu de ses moyens, LIDL aurait pu se permettre une fabrication locale et écoresponsable, surtout quand on fait  plus de 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an.

Des ressources pour en savoir plus sur l’écologie

L’écologie, ce monde où tout le monde a son mot à dire, et où il est finalement bien compliqué de se retrouver. Pour vous faciliter le partage de connaissances, nous vous proposons cet article sans prétention, qui regroupe différentes publications.

bibliothèque abandonnée
crédits photo : Rémi Vollot

Des ressources en ligne pour se tenir informé facilement

Reporterre, le quotidien de l’écologie

Ce journal numérique est partisan de l’écologie. Les informations sont pertinentes et engagées dans la lutte pour une meilleure préservation de la planète. Les articles sont longs et abordent des sujets assez originaux.

ID L’info durable #TousActeurs

Ce média d’informations en continu met en avant les grandes problématiques et actualités liées au développement durable pour en proposer des solutions concrètes. Les publications sont abordables et plutôt courtes afin de faire passer des messages au plus grand nombre.

L’ADN Innovation

Ce journal en ligne n’aborde pas seulement la question de l’environnement (entreprise, technologie, mode, etc.), mais le ton est définitivement tourné vers l’avenir et la durabilité des projets.

You matter

You matter décrypte les mouvements sociétaux afin de proposer des clefs de compréhension et d’action pour une transition vers un mode de vie durable. Les articles sont impartiaux mais engagés.

Des publications plus longues

Parce qu’il est toujours intéressant de se documenter sur un sujet précis, nous avons sélectionné quelques éditions en ligne.

Zero Waste France

L’association nationale de lutte contre les déchets propose des articles réguliers ainsi que des livrets pour sensibiliser au zéro déchet : « Zéro déchet au bureau », « Mon événement zero waste », etc. Un MOOC en partenariat avec l’Université des Colibris est également disponible si vous préférez les images ou mots.

Ademe – La Face cachée du numérique

Si vous êtes accros à votre téléphone et à Internet, ce bilan de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie pourrait questionner votre rapport au numérique.

Anses – Sécurité des couches pour bébé

Vous n’osez pas sauter le pas de la couche lavable ? Le rapport de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, remet en cause l’utilisation des couches jetables, qui contiennent pour la plupart des substances nocives pour le bébé et l’environnement.

Et la mode dans tout cela ?

Nous n’allions pas conclure cet article sans évoquer l’industrie de la mode, qui est très polluante, surtout lorsque l’on s’approche de la fast fashion. L’Ademe a réalisé deux documents ludiques pour montrer l’ampleur de la catastrophe environnementale liée au textile :

Le Revers de mon look : un livret graphique sur les alternatives à la mode actuelle

La Mode sans dessus-dessous : une infographie des chiffres clés de la pollution liée à la mode

Cette sélection non-exhaustive permet de mettre un pied dans le vaste univers de l’écologie. Avez-vous des sources à nous partager ?

Nos labels et récompenses

ECCLO : Labellisé SLOWEARE depuis Novembre 2019

SloWeAre qu’est-ce que c’est exactement ?
En français on pourrait traduire SloWeAre par « Lents nous sommes », « Nous y allons doucement » ou bien « Chauffeur si t’es champion, appuies pas trop sur le champignon ».


On parle donc ici de mode responsable et de marques qui font les choses à leur rythme, aux antipodes de la Fast Fashion qui produit à elle seule plus de 70 milliards de vêtements chaque année.
Eloïse et Thomas, les fondateurs du label, ont lancé cette plateforme en 2017 avec l’envie d’aider les consommateurs à identifier les offres de mode responsable. Très rapidement SloWeAre est devenu le label de référence pour la mode éthique. Si bien qu’aujourd’hui 70 marques ont rejoint la communauté après avoir passé un audit de plus de 200 questions portant sur la gouvernance, le développement durable, les engagements et la chaine de valeur.


Au delà des mots, ce sont des documents (factures, contrats, origine et composition des matières, chartes des fournisseurs…) qui servent à valider ou non l’intégration d’une marque au sein du label. Nombreuses sont donc celles qui ont tenté de s’infiltrer… sans succès.
Sur le site https://www.sloweare.com/ vous retrouverez donc plusieurs marques qui partagent nos valeurs. Le site est aussi une mine d’informations sur la mode et l’industrie textile avec de nombreux articles publiés depuis 3 ans. SloWeAre organise également des ateliers, rencontres et Ecofashion tours pour découvrir, en dehors d’internet, des boutiques et lieux dédiés à la mode responsable.


Au final on peut dire que Sloweare, c’est la communauté de la mode engagée. Nous avons participé dernièrement au Salon du Made In France avec eux et il y a de fortes chances que vous nous retrouviez ensemble lors de prochains événements.

ECCLO, LAURÉAT DU PRIX DE L’INNOVATION DURABLE 2019

Depuis sa création en 2013, le prix de l’innovation durable met en lumière les initiatives durables des essonniens et essonniennes. De nombreux projets peuvent candidater et bénéficier durant 8 mois d’un double accompagnement de la part d’Essonne Active et de l’unité Développement Durable du Département. Les dossiers retenus sont souvent portés par des entrepreneurs dont le projet est tourné vers les nouvelles technologies, le lien social, la transition énergétique, l’agriculture urbaine, les solidarités, l’économie circulaire, l’écoconstruction ou tout simplement vers un besoin social nouveau ou mal cerné sur le territoire.

En fin d’année 2019, le Conseil départemental de l’Essonne a décerné 4 prix et nous sommes fiers d’avoir fait partie des lauréats !

ECCLO – Labellisé Go For Good depuis mars 2019

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Initiative lancée par les Galeries Lafayette en 2018, en ligne et en magasins, le label Go for Good met en avant des produits qui ont un impact positif sur l’environnement, la production locale ou le développement social. Les marques ou produits labellisés répondent à des critères précis, tel que l’origine des matières, la consommation d’eau, l’utilisation de produits chimiques, la condition de travail des ouvriers…

Ecclo a vu le jour la même année avec comme projet d’aller chercher en France les matières existantes et inexploitées afin de créer des vêtements au faible impact environnemental.

Grâce à ce label, les initiatives sont mises en avant dans les magasins et sur le site des Galeries Lafayette.

Après nous avoir soutenus durant notre campagne Ulule en mars 2019, Les Galeries Lafayette ont mis à l’honneur Ecclo sur le boulevard Haussmann quelques mois plus tard.

FAUT-IL CONTINUER DE VENDRE DES VÊTEMENTS – MÊME ÉCO-RESPONSABLES – EN TEMPS DE CRISE ?

Printemps-été 2020 Crédit @Alfa Arouna

Il y a une semaine on pensait qu’il fallait laisser notre boutique en ligne ouverte, puis mercredi on l’a fermé, et puis hier on s’est dit qu’on avait tout faux.

Cette période de confinement nous amène à réfléchir… beaucoup… trop ?

Votre avis nous intéresse. N’hésitez pas à participer à la réflexion à la suite de cet article.

C’est parti.

NOUS POUVONS DÉCIDER OU NON DE POURSUIVRE LES EXPÉDITIONS

La raison est simple : nous avons accès à notre stock.

Depuis la création d’Ecclo, les commandes sont préparées en interne, d’où les petits mots personnalisés glissés à l’intérieur de chaque enveloppe. La livraison, quant-à-elle, est effectuée par la poste.

A ce stade du projet, c’est plutôt normal que nous fonctionnions ainsi, c’est la solution la plus simple étant donné le peu de vêtements produits : à peu près 2200 vêtements en 2 ans, ce que produit H&M en à peu près 37 secondes…

LES GENS ONT-ILS VRAIMENT ENVIE (ET/OU BESOIN) DE VÊTEMENTS EN CE MOMENT ?

On s’est dit que non, vraisemblablement. La priorité actuelle est bien évidement la santé, et si des achats doivent être effectués, c’est bel et bien pour s’alimenter.

Et puis, on s’est dit que oui. Avec le confinement, les achats, les acheteurs deviennent compulsifs, passent leur temps sur la toile, dévalisent les boutiques, font la queue comme en quarante, alors qu’il n’y a ni rationnement, ni pénurie. Mais la nature humaine est faite ainsi (enfin, pas pour tout le monde).

Mais au fait, le gouvernement n’a t-il pas stipulé que les activités non essentielles devaient s’arrêter ?

Et bien si, cela n’a échappé à personne.

Alors bizarrement on s’est senti un peu hors-la-loi en laissant notre e-shop ouvert. On s’est dit qu’on ne participait pas trop à l’effort national, et qu’on profitait peut-être au passage d’une situation concurrentielle plus que favorable. Pourquoi ? Parce-que beaucoup de boutiques en ligne n’ont pas accès à leur stock et que toutes les « vraies » boutiques, elles, ont été obligées de tirer le rideau.

Tout ça laisse un goût amer dans la bouche quand même. Peut-on vraiment « profiter » de la situation quand la situation est pandémique ?

Et doit-on régler notre conduite sur la demande des clients ? Un petit tour au pays du marketing de l’angoisse ? Ce que font les gouvernements depuis 40 ans de crise ?

TOUS DANS LE MÊME BATEAU

Chez Ecclo, le confinement, on l’a pas mal expérimenté durant nos deux premières années. On a un peu l’impression de revenir en arrière en restant à la maison, mais cette fois-ci c’est différent, puisqu’une grande partie de l’humanité se retrouve dans la même situation. On se sent donc un peu moins seuls.

Personne ne sait combien de temps va durer la crise. Avec le recul de ces premiers jours de confinement, on a envie de croire en l’après-COVID. Dès aujourd’hui, nous devons commencer à dessiner les contours d’un nouveau monde, plus juste et plus résilient.

LES VÊTEMENTS ATTENDRONT DONC

  • Parce que la poste a beaucoup plus urgent à livrer en ce moment.
  • Parce que, même si il y a peu de chances, le virus peut être transmis durant une expédition.
  • Parce que cette situation doit nous permettre de nous recentrer sur nous en tant qu’individus, mais aussi en tant que collectif. La solidarité, qui n’a pas tardé à se mettre en place ces premiers jours, en premier lieu envers le corps médical, montre bien que nous pouvons, même si nous n’en n’avions pas l’habitude, mettre en œuvre rapidement des mécanismes de soutien et d’entraide.
  • Parce que durant plusieurs semaines nous devons écrire la suite de l’histoire ensemble. Cette histoire nous parle d’un monde renfermé sur lui-même, où de nombreuses personnes vivent isolées dans leur travail, leurs activités et leurs foyers, sans se soucier de leur voisin(e) de pallier. Le confinement peut paraître anodin pour certains, tant la société nous pousse depuis de nombreuses années, à vivre chacun de notre côté. Pourtant, le manque commence à se faire sentir. Pendant que nous appuyons sur pause, la nature elle, en profite pour reprendre ses droits. Grâce au confinement des êtres humains et à la diminution du Co2, du dioxyde d’azote et des particules fines, la faune et la flore retrouvent leurs libertés. Les images qui nous parviennent d’eaux devenues soudainement plus claires et d’animaux sauvages profitant de lieux désertés par l’Homme, doit nous donner envie de ressortir de chez nous avec d’autres aspirations, aux antipodes de la surconsommation.
  • Parce que depuis plusieurs années, alors qu’elles naviguent en équipes réduites, les marques de vêtements les plus vertueuses, consacrent une partie non négligeable de leur temps, à informer sur les ravages de l’industrie textile. En tant que marque engagée, notre devoir en ces temps, est de faire perdurer le mouvement, plutôt que d’inciter à faire consommer les gens. Si nous saisissons la perche que l’on nous tend, alors tout le monde achètera beaucoup moins de vêtements. Est-ce que cela doit inquiéter une marque comme la nôtre ? Non, bien au contraire. Car chaque marque responsable prône à travers sa démarche le « consommer moins mais mieux ». N’ayons donc pas peur de cette pause, nous qui incitons nos consommaCteurs, followers et autres détracteurs à réduire leur empreinte environnementale. Le jour où nous aurons besoin d’un nouvel habit, nous nous souviendrons de cette marque là et de cette marque ci.
NOTRE OPTIMISME NOUS FAIT-IL PERDRE LA TÊTE ?

Comme tout le monde, nous ne pouvons pas faire totalement abstraction de la situation. Oui, il y a des chances qu’Ecclo et d’autres disparaissent dans les prochains mois. Mais ce ne sera pas à cause de ces semaines de pause, que chacun pourrait traverser sans trop de difficulté, si notre modèle de société nous permettait réellement d’épargner et de nous mettre à l’abri de tous les dangers.

Si nous devions définitivement fermer, c’est que le confinement n’aurait pas eu l’effet escompté. Cela voudrait dire que les plus riches auraient tiré leur épingle du jeu et que la plupart d’entre nous, nous retrouverions davantage pieds et poings liés à un État et à des entreprises des plus déséquilibrées.

Dans ce cas de figure, il serait quasiment impossible d’exister. Pas seulement en tant que marque éco-responsable, mais en tant que projet alternatif, tout simplement.

QUELLE EST LA SITUATION AUJOURD’HUI CHEZ ECCLO ?

Nous ne pensons pas que le soutien passe par l’achat de vêtements. Évidemment nous avons tous besoin des uns et des autres en ce moment, mais n’oublions pas, même si notre démarche est des plus environnementales et des plus sincères, que nous restons une marque de vêtements. Nous ne sommes ni infirmiers, ni ambulanciers, ni gendarmes, ni caissiers de supermarchés, ni membres d’une ONG. Demander de nous soutenir dans une période comme celle-ci nous paraît, selon-nous, déplacé.

Aujourd’hui, on est confiné, comme la plupart d’entre vous qui nous lisez. On télé-travaille, on met à jour notre site internet, on refait le planning des prochains mois, on réfléchit à de nouveaux modèles, on suit l’actualité de très près.

Aucun vêtement n’est en cours de fabrication actuellement. En fait, nous ne devions pas tarder à reprendre les routes à la recherche de tissus inexploités. Ça attendra donc.

Les tournages de nos deux premiers clips sont reportés. On commence vraiment à se faire désirer !

Notre boutique en ligne reste ouverte. Si vous passez commande, on ne vous tiendra pas rigueur d’avoir anticipé des jours meilleurs. Il faudra juste faire preuve de patience car :

Nous attendons (juste) notre sortie collective du confinement pour vous expédier vos vêtements.

L’avenir d’Ecclo s’écrit avec vous. Ça peut paraître flou comme ça, mais dans peu de temps, nous l’espérons, vous comprendrez que ces paroles ne sont pas des paroles en l’air.

A très vite, chère communauté:)

On vous laisse avec une nouvelle, qui, on l’espère, augmentera de quelques pourcents, votre capital gaieté :

BIENTÔT VOUS ALLEZ POUVOIR VOUS HABILLER EN LIN 100% FRANÇAIS !

Ce n’était pas déjà le cas déjà nous direz-vous ?

En fait oui et non.

Oui car la France est le premier producteur de lin au niveau européen, et donc beaucoup de vêtements en lin sont faits de lin français.

Non car les étapes d’après récolte ne sont pas forcément faites en France. C’est le cas de la filature qui est la seule étape qui manquait sur notre territoire pour recréer une filière complète du lin textile en France.

A partir de cette année donc, 150 tonnes de fil de lin vont pouvoir être produits chez nous. Jusqu’à présent, la filature, étape qui suit le teillage, était confiée à la Chine (90% du lin filé en provient) ou à la Pologne, suite aux fermetures progressives de toutes les filatures sur notre sol. En 1976, il y avait encore une cinquantaine de filateurs de lin en France. Depuis 15 ans le territoire en était totalement dépourvu.

La relocalisation de la production est avant tout écologique car le lin est beaucoup moins gourmand que le coton par exemple. Avec lui, nul besoin d’irrigation et de chimie. Il se plaît parfaitement dans les terroirs qui bordent la Manche, la mer du Nord, la Baltique où les périodes de précipitations et d’ensoleillement se succèdent à merveille.

Grâce à l’initiative de Pierre Schmitt, président de Velcorex, plus besoin donc de faire parcourir des milliers de kilomètres à la fibre pour la faire filer. Du champs jusqu’au t-shirt,tout pourra être fait en France désormais !

en savoir plus ici :

https://www.alternatives-economiques.fr/lin-renoue-une-filiere-100-tricolore/00092090