Le mois dernier, nous nous sommes penchés sur l’impact environnemental d’un jean conventionnel : culture intensive du coton, kilomètres parcourus, teintures déversées dans les cours d’eau. Le bilan est très lourd. Heureusement, cet impact peut être divisé par six quand on utilise des matières biologiques et travaille avec des partenaires engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement. Il peut même être divisé par vingt en valorisant de la matière existante.

De plus en plus de jeans sont estampillés ecofriendly, mais leurs conditions de fabrication respectent-elles les Hommes ? Au-delà de l’aspect environnemental, nous sommes portés par les valeurs des entreprises et des artisans français avec lesquels nous travaillons.

Le constat

La confection est la dernière étape de la chaine de fabrication – si l’on met de côté les opérations de finitions (sablage, décoloration, usure, blanchiment, délavage) que nous ne réalisons pas par souci d’écologie et de durabilité. C’est ici que l’on coupe et que l’on assemble les pièces du vêtement. Pourtant, ce n’est pas aussi simple.

Une grande partie des jeans vendus dans le monde est le fruit de la fast fashion, qui bafoue chaque jour un peu plus les droits de l’Homme. En effet, les demandes des marques sont si conséquentes que chaque usine propose de confectionner à moindre coût les vêtements, au détriment de la santé de leurs salariés. Ce sont des « sweatshops », des usines où les employés travaillent dans la sueur, sans protection sociale ou syndicat, dans des locaux insalubres et pour un salaire misérable. Ces derniers manipulent des produits dangereux (teintures, sablages), travaillent plus de dix heures par jour pour quelques euros (32 centimes américain de l’heure au Bangladesh), et n’ont parfois pas l’âge légal pour exercer une activité salariée. Nous ne pouvons pas oublier la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, un immeuble du secteur textile produisant pour des marques comme Mango ou Primark, qui s’est effondré à cause de sa vétusté et a fait 1 127 morts en avril 2013.

effrondrement du Rana Plaza
Crédits : CC rijans

Si des marques ont choisi d’aller faire confectionner leurs vêtements à l’étranger, c’est avant tout pour diminuer les coûts de production et proposer des prix bas. Un vêtement confectionné chez un sous-traitant de la fast fashion coûte 10 fois moins cher à une marque qu’un vêtement fabriqué dans l’Hexagone.

Le rapport n° 1714 d’Insee Première nous apprend que depuis les années 1990, l’industrie textile française a perdu « les deux tiers de ses effectifs et plus de la moitié de sa production » au profit d’une délocalisation vers les pays asiatiques principalement (Chine, Bangladesh, Vietnam, Inde). La sous-traitance est très utilisée par les industriels du textile, car la division des étapes est importante : « 80 % pour les T-shirts et 95 % pour la lingerie féminine ». Certaines grandes multinationales françaises produisent pour moitié en France seulement, ce qui peut brouiller les consommateurs qui, pensant bien faire, achètent un article façonné dans un sweatshop.

La transformation du tissu en vêtement ne peut se faire sans le savoir-faire d’un ouvrier qualifié, pourtant ce dernier est très souvent laissé pour compte par les industriels.

Pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous savons faire ici ?

Depuis le départ, la fabrication française est une de nos priorités. Nous savons combien le savoir-faire textile de nos régions est de qualité et nous souhaitons le valoriser. Nos bureaux sont situés en Essonne et nos ateliers de confection partenaires se trouvent à quelques centaines de kilomètres, dans le Nord, les Vosges et la Loire : 100 % de nos vêtements sont fabriqués en France.

Nous collaborons avec un réseau de professionnels riches d’un savoir-faire textile et impliqués dans la protection de l’environnement, comme Tissage de France qui travaille depuis 2016 avec 1083 sur le recyclage de jeans pour produire un fil en 100 % coton recyclé. En s’associant avec des acteurs français, nous pouvons tracer nos produits, de la matière première à la confection du vêtement, en passant par le filage des fibres, la teinture, le tissage des fils, et être ainsi totalement transparents envers vous.

carte de France des partenaires Ecclo
Les choses ont évolué depuis 2018, mais la fabrication française a toujours été au centre de nos projets

Faire confectionner en France, c’est aussi participer à l’économie locale, injecter son argent au bon endroit et pour les bonnes personnes. C’est permettre à une entreprise d’embaucher des couturiers et couturières, créer de la valeur, irriguer l’économie française (pour reprendre les mots d’Hopaal). C’est être indépendant des importations. C’est enfin, et surtout, préserver des emplois, garantir des conditions de travail décentes, et ne pas contribuer à l’esclavage moderne, comme c’est en ce moment le cas dans les camps Ouïghours.

Qui produit les jeans Ecclo ?

Tissage de France

Le tissu de votre prochain jean a été racheté à une usine de filage et tissage située en plein cœur des Vosges depuis 1837 devenue Tissage de France en 2018 sous l’impulsion de Thomas Huriez et Denis Heinrich.

Lors de notre tour de France des fournisseurs et partenaires en septembre dernier, nous avons retrouvé Denis, qui nous avait mis de côté 38 rouleaux de denim bio, filé, teint, tissé en France comportant un léger défaut tous les 7 mètres. Ces 1 908 mètres de tissu dormaient depuis près de deux ans dans l’usine.  Nous avons déjà collaboré avec Denis pour les tissus de nos pantalons taille haute, et nous savons que, en plus de valoriser un tissu existant, nous allons produire des jeans de qualité.

Groupe Contino

Nos jeans sont confectionnés chez Contino, à Uxegney dans les Vosges. C’est en 2017 que nous avons rencontré Elodie Contino, au salon du Made in France. A l’époque nous cherchions un atelier qui pouvait nous suivre dans notre démarche : confectionner plusieurs types de vêtements à partir de fins de rouleaux de tissu et donc en petite quantité (une chemise en 6 exemplaires, un pantalon en 80 exemplaires, une jupe en 26 exemplaires). Il aurait été plus simple pour Contino de confectionner un seul modèle de vêtement en 500 exemplaires, comme c’est souvent le cas, mais Joseph, le directeur de l’usine, a su s’adapter à notre modèle et ne nous a jamais imposé de volume minimum. Grâce à lui et sa fille, nous avons pu nous lancer.

Le groupe Contino est spécialisé dans le jean depuis plusieurs années désormais. Il était naturel de se tourner vers son expertise pour notre collection de jeans. L’usine Tissage de France étant situé à 80 km de l’atelier, les 38 rouleaux de toile de jean bio y ont directement été livrés !

rouleaux de tissu jean dans l'usine Contino
1 908 mètres de denim près à être transformés en jean par les couturiers et couturières de l’usine Contino

JSD Création

Nous travaillons depuis nos débuts avec JSD. Toutes nos étiquettes sont fabriquées chez eux (composition, extérieures). Nos jeans comporteront deux étiquettes fabriquées par JSD, ainsi que l’étiquette en simili-cuir positionnée à l’arrière. L’entreprise est située à Saint-Etienne : les étiquettes auront peu de kilomètres à parcourir pour rejoindre leurs jeans made in Vosges.

Bruneel

Jusqu’à présent, nos fils étaient achetés à un fabricant allemand, car nous n’avions pas trouvé de fabricant sur le territoire. Il y a quelques mois, on a repris nos recherches et nous avons découvert Bruneel, une entreprise familiale située dans le Nord de la France depuis 1973. Nos jeans seront cousus avec ces fils français certifiés Oeko-tex.

Avec ces quatre nouveaux modèles de jeans, nous poursuivons notre engagement pour une économie plus circulaire.

  • Nous ne puisons pas dans les ressources naturelles.
  • Une matière de qualité est revalorisée et rachetée à sa juste valeur. Elle n’est ni jetée, ni vendue à un destockeur contre quelques centimes le mètre.
  • Le jean est confectionné dans un atelier français spécialisé.
  • La distance qui sépare les étapes de la fabrication du jean est considérablement diminuée.
  • Les modèles sont produits en fonction de la demande et vendus au prix le plus juste.

EDIT (13 mars 2021) : notre gamme de jean est disponible sur notre site !

Nos sources

La Mode sans dessus dessous – ADEME

Le Revers de mon look – ADEME

L’industrie textile en France : une production mondialisée, sauf pour les produits de luxe et les textiles techniques – INSEE

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