FAUT-IL CONTINUER DE VENDRE DES VÊTEMENTS – MÊME ÉCO-RESPONSABLES – EN TEMPS DE CRISE ?

Printemps-été 2020 Crédit @Alfa Arouna

Il y a une semaine on pensait qu’il fallait laisser notre boutique en ligne ouverte, puis mercredi on l’a fermé, et puis hier on s’est dit qu’on avait tout faux.

Cette période de confinement nous amène à réfléchir… beaucoup… trop ?

Votre avis nous intéresse. N’hésitez pas à participer à la réflexion à la suite de cet article.

C’est parti.

NOUS POUVONS DÉCIDER OU NON DE POURSUIVRE LES EXPÉDITIONS

La raison est simple : nous avons accès à notre stock.

Depuis la création d’Ecclo, les commandes sont préparées en interne, d’où les petits mots personnalisés glissés à l’intérieur de chaque enveloppe. La livraison, quant-à-elle, est effectuée par la poste.

A ce stade du projet, c’est plutôt normal que nous fonctionnions ainsi, c’est la solution la plus simple étant donné le peu de vêtements produits : à peu près 2200 vêtements en 2 ans, ce que produit H&M en à peu près 37 secondes…

LES GENS ONT-ILS VRAIMENT ENVIE (ET/OU BESOIN) DE VÊTEMENTS EN CE MOMENT ?

On s’est dit que non, vraisemblablement. La priorité actuelle est bien évidement la santé, et si des achats doivent être effectués, c’est bel et bien pour s’alimenter.

Et puis, on s’est dit que oui. Avec le confinement, les achats, les acheteurs deviennent compulsifs, passent leur temps sur la toile, dévalisent les boutiques, font la queue comme en quarante, alors qu’il n’y a ni rationnement, ni pénurie. Mais la nature humaine est faite ainsi (enfin, pas pour tout le monde).

Mais au fait, le gouvernement n’a t-il pas stipulé que les activités non essentielles devaient s’arrêter ?

Et bien si, cela n’a échappé à personne.

Alors bizarrement on s’est senti un peu hors-la-loi en laissant notre e-shop ouvert. On s’est dit qu’on ne participait pas trop à l’effort national, et qu’on profitait peut-être au passage d’une situation concurrentielle plus que favorable. Pourquoi ? Parce-que beaucoup de boutiques en ligne n’ont pas accès à leur stock et que toutes les « vraies » boutiques, elles, ont été obligées de tirer le rideau.

Tout ça laisse un goût amer dans la bouche quand même. Peut-on vraiment « profiter » de la situation quand la situation est pandémique ?

Et doit-on régler notre conduite sur la demande des clients ? Un petit tour au pays du marketing de l’angoisse ? Ce que font les gouvernements depuis 40 ans de crise ?

TOUS DANS LE MÊME BATEAU

Chez Ecclo, le confinement, on l’a pas mal expérimenté durant nos deux premières années. On a un peu l’impression de revenir en arrière en restant à la maison, mais cette fois-ci c’est différent, puisqu’une grande partie de l’humanité se retrouve dans la même situation. On se sent donc un peu moins seuls.

Personne ne sait combien de temps va durer la crise. Avec le recul de ces premiers jours de confinement, on a envie de croire en l’après-COVID. Dès aujourd’hui, nous devons commencer à dessiner les contours d’un nouveau monde, plus juste et plus résilient.

LES VÊTEMENTS ATTENDRONT DONC

  • Parce que la poste a beaucoup plus urgent à livrer en ce moment.
  • Parce que, même si il y a peu de chances, le virus peut être transmis durant une expédition.
  • Parce que cette situation doit nous permettre de nous recentrer sur nous en tant qu’individus, mais aussi en tant que collectif. La solidarité, qui n’a pas tardé à se mettre en place ces premiers jours, en premier lieu envers le corps médical, montre bien que nous pouvons, même si nous n’en n’avions pas l’habitude, mettre en œuvre rapidement des mécanismes de soutien et d’entraide.
  • Parce que durant plusieurs semaines nous devons écrire la suite de l’histoire ensemble. Cette histoire nous parle d’un monde renfermé sur lui-même, où de nombreuses personnes vivent isolées dans leur travail, leurs activités et leurs foyers, sans se soucier de leur voisin(e) de pallier. Le confinement peut paraître anodin pour certains, tant la société nous pousse depuis de nombreuses années, à vivre chacun de notre côté. Pourtant, le manque commence à se faire sentir. Pendant que nous appuyons sur pause, la nature elle, en profite pour reprendre ses droits. Grâce au confinement des êtres humains et à la diminution du Co2, du dioxyde d’azote et des particules fines, la faune et la flore retrouvent leurs libertés. Les images qui nous parviennent d’eaux devenues soudainement plus claires et d’animaux sauvages profitant de lieux désertés par l’Homme, doit nous donner envie de ressortir de chez nous avec d’autres aspirations, aux antipodes de la surconsommation.
  • Parce que depuis plusieurs années, alors qu’elles naviguent en équipes réduites, les marques de vêtements les plus vertueuses, consacrent une partie non négligeable de leur temps, à informer sur les ravages de l’industrie textile. En tant que marque engagée, notre devoir en ces temps, est de faire perdurer le mouvement, plutôt que d’inciter à faire consommer les gens. Si nous saisissons la perche que l’on nous tend, alors tout le monde achètera beaucoup moins de vêtements. Est-ce que cela doit inquiéter une marque comme la nôtre ? Non, bien au contraire. Car chaque marque responsable prône à travers sa démarche le « consommer moins mais mieux ». N’ayons donc pas peur de cette pause, nous qui incitons nos consommaCteurs, followers et autres détracteurs à réduire leur empreinte environnementale. Le jour où nous aurons besoin d’un nouvel habit, nous nous souviendrons de cette marque là et de cette marque ci.
NOTRE OPTIMISME NOUS FAIT-IL PERDRE LA TÊTE ?

Comme tout le monde, nous ne pouvons pas faire totalement abstraction de la situation. Oui, il y a des chances qu’Ecclo et d’autres disparaissent dans les prochains mois. Mais ce ne sera pas à cause de ces semaines de pause, que chacun pourrait traverser sans trop de difficulté, si notre modèle de société nous permettait réellement d’épargner et de nous mettre à l’abri de tous les dangers.

Si nous devions définitivement fermer, c’est que le confinement n’aurait pas eu l’effet escompté. Cela voudrait dire que les plus riches auraient tiré leur épingle du jeu et que la plupart d’entre nous, nous retrouverions davantage pieds et poings liés à un État et à des entreprises des plus déséquilibrées.

Dans ce cas de figure, il serait quasiment impossible d’exister. Pas seulement en tant que marque éco-responsable, mais en tant que projet alternatif, tout simplement.

QUELLE EST LA SITUATION AUJOURD’HUI CHEZ ECCLO ?

Nous ne pensons pas que le soutien passe par l’achat de vêtements. Évidemment nous avons tous besoin des uns et des autres en ce moment, mais n’oublions pas, même si notre démarche est des plus environnementales et des plus sincères, que nous restons une marque de vêtements. Nous ne sommes ni infirmiers, ni ambulanciers, ni gendarmes, ni caissiers de supermarchés, ni membres d’une ONG. Demander de nous soutenir dans une période comme celle-ci nous paraît, selon-nous, déplacé.

Aujourd’hui, on est confiné, comme la plupart d’entre vous qui nous lisez. On télé-travaille, on met à jour notre site internet, on refait le planning des prochains mois, on réfléchit à de nouveaux modèles, on suit l’actualité de très près.

Aucun vêtement n’est en cours de fabrication actuellement. En fait, nous ne devions pas tarder à reprendre les routes à la recherche de tissus inexploités. Ça attendra donc.

Les tournages de nos deux premiers clips sont reportés. On commence vraiment à se faire désirer !

Notre boutique en ligne reste ouverte. Si vous passez commande, on ne vous tiendra pas rigueur d’avoir anticipé des jours meilleurs. Il faudra juste faire preuve de patience car :

Nous attendons (juste) notre sortie collective du confinement pour vous expédier vos vêtements.

L’avenir d’Ecclo s’écrit avec vous. Ça peut paraître flou comme ça, mais dans peu de temps, nous l’espérons, vous comprendrez que ces paroles ne sont pas des paroles en l’air.

A très vite, chère communauté:)

On vous laisse avec une nouvelle, qui, on l’espère, augmentera de quelques pourcents, votre capital gaieté :

BIENTÔT VOUS ALLEZ POUVOIR VOUS HABILLER EN LIN 100% FRANÇAIS !

Ce n’était pas déjà le cas déjà nous direz-vous ?

En fait oui et non.

Oui car la France est le premier producteur de lin au niveau européen, et donc beaucoup de vêtements en lin sont faits de lin français.

Non car les étapes d’après récolte ne sont pas forcément faites en France. C’est le cas de la filature qui est la seule étape qui manquait sur notre territoire pour recréer une filière complète du lin textile en France.

A partir de cette année donc, 150 tonnes de fil de lin vont pouvoir être produits chez nous. Jusqu’à présent, la filature, étape qui suit le teillage, était confiée à la Chine (90% du lin filé en provient) ou à la Pologne, suite aux fermetures progressives de toutes les filatures sur notre sol. En 1976, il y avait encore une cinquantaine de filateurs de lin en France. Depuis 15 ans le territoire en était totalement dépourvu.

La relocalisation de la production est avant tout écologique car le lin est beaucoup moins gourmand que le coton par exemple. Avec lui, nul besoin d’irrigation et de chimie. Il se plaît parfaitement dans les terroirs qui bordent la Manche, la mer du Nord, la Baltique où les périodes de précipitations et d’ensoleillement se succèdent à merveille.

Grâce à l’initiative de Pierre Schmitt, président de Velcorex, plus besoin donc de faire parcourir des milliers de kilomètres à la fibre pour la faire filer. Du champs jusqu’au t-shirt,tout pourra être fait en France désormais !

en savoir plus ici :

https://www.alternatives-economiques.fr/lin-renoue-une-filiere-100-tricolore/00092090

On s’installe à la Piscine d’en Face !

C’est officiel, nous avons rejoint notre base, et pas n’importe laquelle

Depuis plusieurs jours, Ecclo a pris ses quartiers au sein de la Piscine d’en Face, à Sainte-Geneviève-des-Bois, en Essonne, à 20 km de Paris.

On vous voit venir…

Des bureaux dans une piscine, c’est un peu bizarre ?!

Ça pourrait l’être effectivement si il y avait encore de l’eau (et du chlore) dans le petit et le grand bassin.

Sauf que depuis 2008, la piscine de Sainte-Geneviève-des-Bois était fermée au public. Jugée trop vétuste, elle était donc en friche, et il était même envisagé pendant un temps de la démolir pour la modique somme de … 1 million d’euros.

« La piscine d’en face… mais en face de quoi? »

La réponse est simple : En face de la nouvelle piscine, ou plutôt de l’espace nautique qui a vu le jour dans la même ville, à quelques mètres de l’ancienne piscine (à peu près 122 mètres à vol d’oiseau). Plus grand et plus « dans l’air du temps », ce nouvel espace propose une pataugeoire, un toboggan, un bassin extérieur, un espace forme avec salle de cardio-training, un spa, un sauna, un hammam, des douches massantes et un bassin tonique dédié aux activités. Le lieu parfait pour se dépenser et se relaxer… en maillot.

Mais revenons à nos moutons, car le lieu dont on veut vous parler, c’est l’ancienne piscine, là où on croise des gens un peu plus couverts.

Dans notre société où le béton n’en fini pas de grappiller du terrain sur les espaces naturels et les terres agricoles, des alternatives ne peuvent-elles pas être envisagées ?

Plutôt que de démolir des bâtiments en friche ou les laisser se dégrader, ne pourrait-on pas trouver une nouvelle vocation à ces lieux ?

A Sainte-Geneviève-des-Bois, la question s’est posée quant au devenir de l’ancienne piscine.

Après 3 ans de concertation, cette dernière a pris un nouveau tournant pour répondre aux problématiques de notre monde en transition. Elle qui roupillait depuis bien trop longtemps a été réhabilitée il y a un an en une pépinière d’activités ou plus exactement un Tiers-lieu.

Un Tiers-lieu ? Qu’est-ce que c’est que ce truc encore ?

Ne vous énervez pas, on vous explique :

Un Tiers-lieu est un terme assez récent qui englobe les différents environnements sociaux qui viennent après la maison et le lieu de travail. En gros c’est un espace commun basé sur l’échange de compétences, de partage de moyens, tout ça sous la forme d’un nouveau type de gouvernance.

A Paris et proche banlieue, on peut citer comme exemple de Tiers-lieu le 6B (Saint-Denis), Les Grands Voisins (Denfert Rochereau) ou la Recyclerie (Porte de Clignancourt).

La réhabilitation de l’ancienne piscine de Sainte-Geneviève-des-Bois a donc été pensée dans cet esprit là :

Réunir au sein d’un lieu innovant et collaboratif des acteurs locaux porteurs d’initiatives économiques, culturelles, sportives, humaines et environnementales.

Après plus de trois années de concertation entre les habitants, les bénévoles, les entreprises et les politiques, le projet est devenu réalité et la gouvernance a été confiée à l’association « le collectif piscine » créé spécifiquement à cet effet.

Au sein du collectif se retrouvent trois collèges : les résidents permanents, les élus et les partenaires associés qui, ensemble, pilotent et gèrent le lieu au quotidien.

Le lieu est ainsi conçu pour les résidents, afin qu’ils travaillent en partageant leurs expériences et en faisant profiter leurs compétences aux autres résidents , et ce en échange d’un loyer modéré.

Elle est pas belle la vie ?

Au total ce sont plus de 30 projets et une centaine de résidents qui cohabitent dans ce lieu atypique. Parmi eux on retrouve donc des entrepreneurs, des associations sportives et artistiques, des organismes de formation, d’insertion professionnelle, des artisans, un studio de répétition et d’enregistrement, un fab lab et une marque de produits bio 🙂

La piscine, aussi et surtout un lieu de vie pour les habitants !

Concerts, spectacles, soirées à thème, expositions, cours de danse, de yoga, couture, gym douce, ateliers d’écriture, de peinture, vidéo ludique, vide-dressing, ciné-rétro… On s’arrête là parce que la liste est beaucoup trop longue et parce que les activités ne manquent pas à la Piscine.

Et pour cause, le lieu a été imaginé avec les habitants et pour les habitants. La programmation culturelle tient une place importante au sein du lieu, qui sans cela, ressemblerait plus à des bureaux partagés, à un espace de coworking ou à un hall de gare déserté. Pour faire en sorte que le lieu vive donc, c’est le collectif de la piscine qui est chargé de programmer et d’organiser ces différents événements.

En dehors de la programmation, la piscine ne dort pas vraiment puisqu’elle reste ouverte au public du mardi au samedi. Ce qui permet aux visiteurs de boire un verre ou se remplir le ventre au « Pool Up Café » ou « Chez Soi » qui proposent des plats inspirés de différentes cultures.

Les habitants peuvent aussi redécouvrir le lieu, se remémorer le temps où la baignade était autorisée grâce aux photos accrochées sur les mûrs par les anciens nageurs, mais aussi parce que le mobilier et les écriteaux de l’époque ont été conservés, comme le petit et le grand bassin qui accueillent les spectacles, conférences, soirées, cours ou ateliers. L’âme du lieu a donc été préservé, et pas que pour le plaisir des yeux.

Le bâtiment en lui-même :

C’est Julien Beller, qui a imaginé le nouvel habit de la Piscine. L’architecte avait entre autre réaménagé la place de la Bastille.

La façade du bâtiment, quant à elle, a été réalisée par Ella et Pitr, un duo d’artistes urbains. La grande vague s’inspire de celle du peintre japonais Hokusai (« La Grande Vague de Kanagawa »)

La notion de développement durable était au cœur du projet de réhabilitation du lieu qui joue aujourd’hui un rôle très important dans la sensibilisation à l’écologie.

Le fait d’avoir préservé la structure externe et une grande partie de l’intérieur du bâtiment a permis de réduire les coûts et préserver ce qui peut l’être. Le recours au bois pour les structures limite ici les déperditions énergétiques et réduit ainsi les frais de fonctionnement, on n’a pas puisé dans les réserves de la planète pour le mobilier puisque une grande partie provient de la recup.

Ca vous rappelle pas quelque chose ça ?

Et dans tout ça, quels sont les projets d’Ecclo au sein de la Piscine ?

Étant basés en Essonne, nous avions entendu parler du lieu à plusieurs reprises.

La Piscine d’en Face a fait partie des lauréats du Prix de l’innovation durable en Essonne en 2018.

1 an plus tard, le Conseil départemental investissait les lieux afin de dévoiler les lauréats de l’édition 2019, dont Ecclo faisait partie (auto-congratulation).

C’est lors de la cette soirée de remise de prix que les premiers contacts ont eu lieu entre Marion la directrice du lieu, et Rémy le fondateur de la marque.

Quelques semaines plus tard, le Comité de sélection donnait son feu vert à notre intégration dans le lieu.

Nous avons donc récupéré le dernier local de 20m2 pour y installer notre QG. Après 2 ans à travailler à domicile et à squatter les terrasses de café, nous somme ravis de pouvoir poser nos valises dans un espace collaboratif comme celui-ci.

Cela va nous permettre de renforcer notre présence sur le territoire essonnien, de présenter nos collections actuelles et futures, travailler en synergie avec des artistes, entrepreneurs et associations.

Le bassin pourra aussi être exploité pour organiser des défilés, soirées, conférences autours de la mode responsable. Et pour ça, on ne manquera pas de vous tenir informés…

Et pour ceux qui veulent essayer nos modèles, c’est possible de le faire, car notre bureau fait également showroom de 9h à 18h du lundi au vendredi.

Bref : La Piscine d’en Face, c’est le lieu dont on rêvait. On pouvait pas espérer mieux pour démarrer l’année !

Découvrez en dessous tous les résidents de la Piscine :