L’industrie du textile et de la mode

L’industrie textile est le second secteur économique le plus polluant, et même le premier si on considère que l’industrie pétrolière (au premier rang) sert finalement à alimenter tous les autres secteurs. Si acheter un vêtement à bas coût est bénéfique pour votre porte monnaie, il l’est moins pour la planète et les gens qui ont œuvré pour le concevoir.

L’IMPACT DE CHAQUE ETAPE

La culture de la matière première :

Le coton par exemple, qui est le plus utilisé dans l’industrie textile : Il représente 3 % des surfaces agricoles mondiales mais sa culture nécessite le plus de produits chimiques parmi toutes les autres (20% des pesticides et 22% des insecticides produits dans le monde sont utilisés pour la culture du coton). Elle est en grande partie responsable de la mort de 20 000 fermiers chaque année. Pour 1kg de coton, il faut en moyenne 10 000 litres d’eau. Pour les consommateurs, le coton conventionnel cause des problèmes d’eczema et des irritations.

La Filature :

C’est également une étape polluante et gourmande en eau. Il faut savoir que chaque fibre a son procédé de filature. Pour les fibres naturelles, il faut nettoyer les fibres brutes en profondeur, c’est à dire éliminer les résidus d’engrais ou autres substances antiparasitaires utilisées lors de l’élevage des animaux. Pour les fibres chimiques, celles-ci sont directement synthétisées lors de la filature. Une grande quantité de solvants est utilisée, ce qui génère des concentrations importantes de composés organiques volatils dans l’air intérieur.

Le tissage :

Lors ce cette étape, les fils sont soumis à de très fortes contraintes mécaniques. Pour les protéger et les lubrifier, des agents d’encollage enrobent les fils de chaîne avant le passage sur les métiers à tisser. Ce sont des agents d’origine naturelle (amidons, celluloses, protéines…) et des substances synthétiques (polyester, polyacrylate…) qui sont par la suite éliminés des étoffes lors du désencollage.

Ennoblissement et pré-traitement :

le désencollage, le dégraissage et le blanchiment représentent 50% des charges polluantes des sites d’ennoblissement textile. Quand elles sont mutualisées, de sérieuses économies d’eau et d’énergie ont réalisées mais cela n’évite pas les rejets atmosphériques ni la pollution de l’eau. Les agents de blanchiment qui préparent les étoffes avant leur teinture éliminent les pigments présents sur les fibres. A base de composés halogènes comme l’hypochlorite de sodium par exemple, ils sont très toxiques.

La teinture :

Il existe presque autant de procédés de teinture que de colorants et de mélanges de fibres. Les teintures conventionnelles, dérivées du pétrole avec un fort impact environnemental, contiennent une série de composants chimiques nocifs pour la santé (métaux lourds, colorants azoïques, formaldéhyde, chlore…). Le bain de teinture entraîne le rejet de bon nombres de produits auxiliaires dans les eaux usées. Ces substances rejetées dans la nature sont potentiellement cancérigènes en particulier lorsqu’elles se mélangent à la sueur. Les teintures classiques contiennent également de nombreux perturbateurs endocriniens qui peuvent porter atteinte au fonctionnement de nos hormones.

La confection :

C’est la transformation du tissu en vêtement. Ici, il est question de conditions de travail, plus que de pollution. Malgré les nombreuses machines utilisées, cette étape nécessite des Hommes et de réelles compétences. Les employés des usines de confection dans certains pays travaillent dans des conditions bien différentes de celles des travailleurs français. Rémunération au plus bas, locaux insalubres, stress, temps travaillé dans la semaine pouvant dépasser les 60 heures… Si des marques ont choisi d’aller confectionner à l’étranger, il faut bien comprendre pourquoi. Le prix final du vêtement dépend en grande partie de cette étape, car elle représente la majorité de la valeur ajoutée du vêtement. Quand un vêtement est estampillé Made In France, on parle bien de cette étape. Quand un vêtement est confectionné à l’étranger, son coût peut être divisé par 10. En Chine, en Inde ou au Bangladesh par exemple, le coût de la confection d’un t-shirt peut tomber à 1€, alors qu’en France, le coût est en moyenne de 10€.

Les opérations de finition :

Dernière étape, la finition de certains textiles, outre l’impression, donne aux étoffes de nouvelles propriétés : les tissus deviennent infroissables ou résistent mieux au feu. Ou encore donnent un aspect usé. Ces nouveaux atouts ne sont pas dénués de dangers pour ceux qui les fabriquent comme ceux qui les portent.

L’impression : consiste à reproduire un dessin sur la zone d’une étoffe par l’application de flamme grâce à des agents particulièrement toxiques.

L’enduction : consiste à appliquer une pâte, plus ou moins toxique, sur toute la surface d’une étoffe pour l’imperméabiliser. Seules les fibres cellulosiques profitent de procédés de finition pour faciliter leur entretien. Le lavage facile et l’infroissabilité sont obtenus grâce à des substances comme le formaldéhyde (formol sous forme gazeuse).

Le sablage : Il s’opère sous haute pression à l’aide de canons sur la toile denim pour en vieillir l’aspect. Cette opération manuelle libère des particules de silice cristalline dont l’inhalation peut être mortelle pour les ouvriers. Elle est devenue interdite dans plusieurs pays mais pas encore en Égypte, Jordanie, Syrie, Inde, Chine, Indonésie, Bangladesh, Mexique, Cambodge ni Pakistan. Il existe des techniques de substitution comme le brossage.

À toutes ces étapes, n’oublions pas de rajouter :

– Les transports entre ces différentes étapes de la fabrication d’un textile. Certains études démontrent que certains vêtements ont parcouru plus de 40 000 km entre le lieu de culture et le magasin qui vend le vêtement final.

– La consommation d’énergie (électricité pour faire tourner les machines) dans ces différents lieux de transformation peut s’avérer également très importante.

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