Les baskets LIDL : fast fashion, coup de comm ou objet de pop culture ?

12,99 € les baskets aux couleurs flashy de l’enseigne de hard discount et une édition limitée qui se revend à prix d’or. Voici la stratégie gagnante de LIDL, nouveau diplômé de fast fashion ? ️

Il y a deux jours, quand on a appris la nouvelle, notre première question a été : « Comment peut-on proposer une paire de baskets aussi peu chère ? » On savait qu’en bafouant les droits humains dans les pays en développement et en s’approvisionnant en textile de mauvaise qualité on pouvait réduire drastiquement le coût de fabrication d’un produit et proposer des baskets à une trentaine d’euros. Mais LIDL nous montre que l’on peut aller encore plus loin.

On s’est alors dit que la marque avait dû produire 1 million de ces baskets pour pouvoir diminuer autant les coûts (la fameuse économie d’échelle). Et là on ne vous raconte pas l’impact environnemental de cette surproduction.

Mais il faut creuser un peu plus. A l’heure actuelle, on n’a aucune information sur la composition de ces baskets, ni sur le lieu de fabrication. Qui sait, elles ont peut-être été fabriquées en Europe et avec des matières recyclées. On va loin, mais cela pourrait être possible. On vous explique :

Avec une édition limitée à 2 000 exemplaires vendue à si bas coût (et produite dans les pires conditions humaines et environnementales), LIDL a perdu de l’argent dans cette opération. Avec une si faible quantité produite, les coûts de fabrication n’ont pas pu être drastiquement réduits (ce qui, dans la fast fashion, permet de vendre les produits à un prix extrêmement faible, comme un T-shirt encore moins cher qu’un kilo de pommes de terre).

Cette opération de la part du géant allemand n’est rien d’autre qu’une opération de comm (que peut se permettre un multinationale qui pèse des milliards d’euros).

Se rendre populaire et faire de ces baskets des objets de pop culture.

Généralement, quand l’on sort une édition limitée, le coût est élevé, tout l’inverse d’un prix LIDL. C’est la rareté, l’offre inférieure à la demande, qui justifie le prix.

LIDL savait très bien, en proposant si peu d’exemplaires à une clientèle de plusieurs millions de personnes, que ces baskets allaient partir comme des petits pains. Le groupe savait aussi très bien qu’en les vendant à un prix juste, sa clientèle ne s’y serait pas intéressée.

Quand l’équipe de communication de LIDL a dit : « On ne s’attendait vraiment pas à un tel succès », cela nous a vraiment fait sourire. Ne soyons pas dupes. Cette opération était calculée et la revente de ces baskets à plus de 750 € pour certaines tailles était l’effet attendu par l’enseigne.

Avec cette opération, LIDL s’achète une image cool et permet à sa « communauté » d’avoir accès à des éditions limitées à bas coût.

Mais une chose est sûre, vous ne risquez pas de voir ces baskets portées durant l’été, ni même après, car en tant qu’éditions limitées, ces baskets vont rester dans leurs boîtes, sur des étagères, ou même encadrées dans certains salons.

Finalement, on se dit que cette opération aurait pu être sympa, si on avait de l’estime pour LIDL. Mais ce qui nous intéresse, en tant que marque de vêtement écoresponsable, c’est l’impact humain et environnemental qu’a généré la fabrication de ces baskets. Et on craint le pire.

Etant donné que LIDL a perdu délibérément de l’argent dans cette campagne de comm’ et que la marque a énormément de moyens, cette opération aurait pu être vertueuse en fabriquant ces 2 000 baskets en Europe et avec des matériaux écologiques ou recyclés. Mais cela lui aurait coûté environ 60 € par paire soit 120 000 €.

Au vu de ses moyens, LIDL aurait pu se permettre une fabrication locale et écoresponsable, surtout quand on fait  plus de 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an.

Des ressources pour en savoir plus sur l’écologie

L’écologie, ce monde où tout le monde a son mot à dire, et où il est finalement bien compliqué de se retrouver. Pour vous faciliter le partage de connaissances, nous vous proposons cet article sans prétention, qui regroupe différentes publications.

bibliothèque abandonnée
crédits photo : Rémi Vollot

Des ressources en ligne pour se tenir informé facilement

Reporterre, le quotidien de l’écologie

Ce journal numérique est partisan de l’écologie. Les informations sont pertinentes et engagées dans la lutte pour une meilleure préservation de la planète. Les articles sont longs et abordent des sujets assez originaux.

ID L’info durable #TousActeurs

Ce média d’informations en continu met en avant les grandes problématiques et actualités liées au développement durable pour en proposer des solutions concrètes. Les publications sont abordables et plutôt courtes afin de faire passer des messages au plus grand nombre.

L’ADN Innovation

Ce journal en ligne n’aborde pas seulement la question de l’environnement (entreprise, technologie, mode, etc.), mais le ton est définitivement tourné vers l’avenir et la durabilité des projets.

You matter

You matter décrypte les mouvements sociétaux afin de proposer des clefs de compréhension et d’action pour une transition vers un mode de vie durable. Les articles sont impartiaux mais engagés.

Des publications plus longues

Parce qu’il est toujours intéressant de se documenter sur un sujet précis, nous avons sélectionné quelques éditions en ligne.

Zero Waste France

L’association nationale de lutte contre les déchets propose des articles réguliers ainsi que des livrets pour sensibiliser au zéro déchet : « Zéro déchet au bureau », « Mon événement zero waste », etc. Un MOOC en partenariat avec l’Université des Colibris est également disponible si vous préférez les images ou mots.

Ademe – La Face cachée du numérique

Si vous êtes accros à votre téléphone et à Internet, ce bilan de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie pourrait questionner votre rapport au numérique.

Anses – Sécurité des couches pour bébé

Vous n’osez pas sauter le pas de la couche lavable ? Le rapport de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, remet en cause l’utilisation des couches jetables, qui contiennent pour la plupart des substances nocives pour le bébé et l’environnement.

Et la mode dans tout cela ?

Nous n’allions pas conclure cet article sans évoquer l’industrie de la mode, qui est très polluante, surtout lorsque l’on s’approche de la fast fashion. L’Ademe a réalisé deux documents ludiques pour montrer l’ampleur de la catastrophe environnementale liée au textile :

Le Revers de mon look : un livret graphique sur les alternatives à la mode actuelle

La Mode sans dessus-dessous : une infographie des chiffres clés de la pollution liée à la mode

Cette sélection non-exhaustive permet de mettre un pied dans le vaste univers de l’écologie. Avez-vous des sources à nous partager ?

Nos labels et récompenses

ECCLO : Labellisé SLOWEARE depuis Novembre 2019

SloWeAre qu’est-ce que c’est exactement ?
En français on pourrait traduire SloWeAre par « Lents nous sommes », « Nous y allons doucement » ou bien « Chauffeur si t’es champion, appuies pas trop sur le champignon ».


On parle donc ici de mode responsable et de marques qui font les choses à leur rythme, aux antipodes de la Fast Fashion qui produit à elle seule plus de 70 milliards de vêtements chaque année.
Eloïse et Thomas, les fondateurs du label, ont lancé cette plateforme en 2017 avec l’envie d’aider les consommateurs à identifier les offres de mode responsable. Très rapidement SloWeAre est devenu le label de référence pour la mode éthique. Si bien qu’aujourd’hui 70 marques ont rejoint la communauté après avoir passé un audit de plus de 200 questions portant sur la gouvernance, le développement durable, les engagements et la chaine de valeur.


Au delà des mots, ce sont des documents (factures, contrats, origine et composition des matières, chartes des fournisseurs…) qui servent à valider ou non l’intégration d’une marque au sein du label. Nombreuses sont donc celles qui ont tenté de s’infiltrer… sans succès.
Sur le site https://www.sloweare.com/ vous retrouverez donc plusieurs marques qui partagent nos valeurs. Le site est aussi une mine d’informations sur la mode et l’industrie textile avec de nombreux articles publiés depuis 3 ans. SloWeAre organise également des ateliers, rencontres et Ecofashion tours pour découvrir, en dehors d’internet, des boutiques et lieux dédiés à la mode responsable.


Au final on peut dire que Sloweare, c’est la communauté de la mode engagée. Nous avons participé dernièrement au Salon du Made In France avec eux et il y a de fortes chances que vous nous retrouviez ensemble lors de prochains événements.

ECCLO, LAURÉAT DU PRIX DE L’INNOVATION DURABLE 2019

Depuis sa création en 2013, le prix de l’innovation durable met en lumière les initiatives durables des essonniens et essonniennes. De nombreux projets peuvent candidater et bénéficier durant 8 mois d’un double accompagnement de la part d’Essonne Active et de l’unité Développement Durable du Département. Les dossiers retenus sont souvent portés par des entrepreneurs dont le projet est tourné vers les nouvelles technologies, le lien social, la transition énergétique, l’agriculture urbaine, les solidarités, l’économie circulaire, l’écoconstruction ou tout simplement vers un besoin social nouveau ou mal cerné sur le territoire.

En fin d’année 2019, le Conseil départemental de l’Essonne a décerné 4 prix et nous sommes fiers d’avoir fait partie des lauréats !

ECCLO – Labellisé Go For Good depuis mars 2019

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Initiative lancée par les Galeries Lafayette en 2018, en ligne et en magasins, le label Go for Good met en avant des produits qui ont un impact positif sur l’environnement, la production locale ou le développement social. Les marques ou produits labellisés répondent à des critères précis, tel que l’origine des matières, la consommation d’eau, l’utilisation de produits chimiques, la condition de travail des ouvriers…

Ecclo a vu le jour la même année avec comme projet d’aller chercher en France les matières existantes et inexploitées afin de créer des vêtements au faible impact environnemental.

Grâce à ce label, les initiatives sont mises en avant dans les magasins et sur le site des Galeries Lafayette.

Après nous avoir soutenus durant notre campagne Ulule en mars 2019, Les Galeries Lafayette ont mis à l’honneur Ecclo sur le boulevard Haussmann quelques mois plus tard.

On appuie sur pause durant le Black Friday

Ça ne vous a pas échappé, aujourd’hui c’est le Black Friday.

Depuis le week-end dernier, les ondes radios et télés ont été envahies par les promotions exceptionnelles et certaines enseignes ont même commencé la course poursuite de bonne heure en proposant durant 7 jours une orgie d’affaires immanquables.

Arrivée timidement en France il y a 6 ans, le Vendredi Noir emballe le pays tout entier, et prend désormais la forme d’une Black Friday Week chez la plupart des commerçants. D’ici quelques années, si la terre tourne toujours dans le sens d’un autocuiseur, peut-être aurons nous le droit à 10 semaines de folie non-stop entre novembre et janvier…

Chez Ecclo on a décidé de baisser le rideau durant 72 heures et on vous explique ici pourquoi :

  • Raison numéro 1 : Acheter plus, toujours plus.

Le Black Friday est une ode à la surconsommation. Les meilleurs arguments sont déployés afin de nous vendre des produits dont nous n’avons, en fait, pas forcément besoin. À l’heure où le dérèglement climatique s’invite même à la table des plus sceptiques, il est un peu déplacé de nous faire croire que la consommation est la solution à nos problèmes du quotidien, alors que plus de 15 000 scientifiques s’accordent à dire que nous devons changer rapidement notre modèle économique. Où finiront tous ces produits soldés d’ici quelques mois, quelques années ?

  • Raison numéro 2 : Des réductions, vraiment ?

Le Black Friday, tout comme les soldes d’été ou d’hiver, a surtout pour but de nous faire croire que des produits sont soldés, alors qu’en vérité ils ne le sont pas vraiment. Comme l’a démontré à plusieurs reprises l’association « 60 millions de consommateurs », dans la plupart des cas, l’étiquetage des produits est trompeur. Plusieurs exemples : le prix barré sur l’étiquette ou la pancarte ne correspond pas réellement au prix initial avant promotion. Le magasin invente un prix de départ plus élevé afin de nous faire croire que le rabais proposé est important. Autre cas, le produit n’est disponible que durant la période de promotion, donc impossible de savoir si le prix proposé est vraiment un prix soldé ou si le produit a été imaginé juste pour l’occasion et fabriqué à bas coût.

  • Raison numéro 3 : Les marges.

Admettons que dans certains cas le produit soldé est vraiment soldé. Oui cela peut arriver. Si l’enseigne se permet de proposer 80% de réduction, nous pouvons être sûr qu’elle en tirera tout de même des bénéfices. Car dans la plupart des secteurs, et on peut s’intéresser ici à la mode, les marges sont spectaculaires. Le prix de vente est en moyenne 8 fois supérieur au prix de revient du vêtement. Pour être plus précis, quand on achète un jean à 95€, celui-ci a coûté maximum 15€ à produire (matière première, main d’œuvre, transport…). Et même les prix pratiqués par la fast-fashion ne dérogent pas à cette règle. Donc le t-shirt acheté 5€ n’aura même pas coûté 1€ à l’enseigne qui l’aura fait fabriquer. Au final, si cette dernière nous propose -50% sur des tas d’articles, rassurons-nous, sa marge reste très importante.

Vous l’aurez compris, on est pas très fan de cette journée. On aurait pu ajouter d’autres raisons, mais on s’est dit que 3 c’était déjà pas mal. Si de notre côté on décidait de participer au Black Friday, ce serait comme se tirer une balle dans le pied et regarder l’ambulance passer sans lui demander de s’arrêter.

Nous sommes engagés pour une mode plus responsable. Cela ne se résume pas à proposer des vêtements en coton bio ou « made in France ». Être transparent, communiquer modérément, protéger les données de nos clients, échanger et construire avec nos partenaires et réduire nos marges, sont autant de points que nous jugeons importants. Autant que les vêtements que nous proposons. Nous avons donc voulu, parmi tous nos engagements, proposer des vêtements au prix le plus proche de celui de la production. Les solder nous ferait en définitive, perdre de l’argent.

Cela ne veut pas dire pour autant que nous sommes réticents à l’idée de promouvoir notre marque. Mais nous préférons le faire sous une autre forme que le suggère le Black Friday.

On tire donc le rideau durant ces 3 jours d’hystérie, pour souffler un peu, et nous ôter de la tête toutes ces propositions indécentes. On ré-ouvrira la boutique en ligne lundi matin, après un week-end des moins agités… et si le cœur nous en dit.

La mode éthique

De plus en plus de gens sont sensibles à l’environnement. Parmi toutes les industries qui jouent un rôle dans le dérèglement climatique, deux attirent l’attention plus que les autres : L’agriculture et les transports.

Le transport est le secteur le plus polluant à l’heure actuelle. Il demande l’extraction d’énergies fossiles, activité déjà polluante à la base, pour ensuite émettre d’énormes quantités de co2 et micro polluants dans l’atmosphère. Il y a désormais une réelle prise de conscience de l’impact des transports sur l’environnement car c’est la principale responsable du dérèglement climatique et indirectement sur notre santé car on sait que la pollution de l’air fait des millions de victimes chaque année.

L’agriculture, car les produits que nous mangeons peuvent avoir un impact sur notre santé à court ou moyen terme. Le bio est donc une réponse à l’agriculture industrielle, beaucoup trop polluante et gourmande en produits chimiques. En mangeant bio, nous réduisons donc les risques d’ingurgiter des pesticides, et nous profitons de produits plus riches en nutriments et vitamines. De plus en consommant localement, les transports des produits que nous mangeons sont très réduits. L’impact environnemental est donc beaucoup plus faible.

Et pour les vêtements alors ?

La prise de conscience de l’impact de l’industrie textile sur la dégradation de notre planète est lente. Pourtant cette industrie est la deuxième plus polluante au monde, et surtout elle a besoin des deux autres industries citées ci-dessus pour pouvoir exister. Il faut savoir que la plupart des vêtements que nous portons est créés à partir de plantes ou céréales, pour certaines OGM et associées à des pesticides et herbicides. Le coton étant le meilleur exemple. Bien que de nombreuses surfaces de coton bio ont vu le jour durant ces 20 dernières années, cette solution ne doit être envisagée qu’à très court terme, car bien qu’il n’y ait pas de produits chimiques utilisés pour sa culture, les apports artificiels en eau restent trop importants.

Un vêtement éthique qu’est ce que c’est ?

La mode éthique met les conditions sociales de production et le respect de l’environnement au centre de ses préoccupations avec :

– des vêtements conçus dans des conditions respectueuses de l’Homme, conformément aux conventions de l’organisation internationale du travail, en faveur des communautés et des investissements durables, et dans le respect de la propriété intellectuelle.

– Une production qui minimise l’impact environnemental des filières de fabrication, depuis la création en passant par la réalisation, la livraison jusqu’à la fin de vie du produit.

– Un création qui protèges les savoir-faire locaux, en collaboration avec des artisans locaux.

Concevoir un vêtement de la plus noble des façons est donc loin d’être chose aisée.

Faire en sorte d’utiliser du coton Bio, ou faire confectionner le vêtement en France c’est bien. Mais cela ne suffit pas à décréter que le vêtement est propre ou équitable.

Car comme nous l’avons vu précédemment, un vêtement n’est pas un légume :

Entre la culture de la matière première et le vêtement final, les étapes sont nombreuses, et malheureusement très impactantes pour notre planète (voir partie : impact de la mode). Pour qu’un vêtement soit totalement vertueux, Il faudrait donc que :

– la matière première soit cultivée localement, sans produits chimiques et sans apport artificiel d’eau. (Pour une marque française, le lin et le chanvre sont les meilleures solutions actuellement)

– la filature, la teinture, le tissage et l’anoblissement se fassent dans un périmètre proche du lieu de culture de la matière première, et sans utilisation de produits chimiques.

– la confection soit faite en rémunérant justement les salariés.

– les différentes usines et ateliers consomment le moins d’énergie possible.

– les vêtements soient ensuite vendus au prix juste.

– Et que ces derniers puissent avoir une seconde vie. Agir sur une de ces étapes n’est déjà pas courant chez les marques qui se partagent le gros du marché, alors agir sur toutes…

Des marques se sont donc lancées depuis quelques années dans ce que l’on appelle la mode éthique. Des efforts sont faits sur une ou plusieurs de ces étapes, et c’est une belle avancée. Désormais il faut regarder pus loin et essayer d’avoir comme objectif d’agir positivement sur chacune des étapes de la fabrication d’un vêtement.

Comment agir en tant que consommateur ?

En tant que consommateur, si on veut réduire son empreinte environnementale, le premier pas peut être d’acheter moins. Cela ne veut pas dire pour autant, arrêter de consommer. On peut donc essayer de se diriger vers des enseignes vertueuses pour acheter certains produits. Si de nombreuses marques et entreprises s’efforcent à faire les choses bien dans différents domaines, les consommateurs n’en sont pas forcément au courant. La communication joue donc un rôle très important. Sans cette dernière, il est très difficile de toucher un large cercle. Dans l’industrie du textile et de la mode par exemple (car c’est ici le sujet qui nous intéresse) déjà plus d’une centaine de marques agissent afin de réduire certains effets négatifs qui découlent de la production d’un vêtement. Mais peu de gens connaissent ne serait-ce que 10% de ces enseignes. Il y a donc un effort à faire pour aller à la rencontre des marques qui proposent des produits durables, éthiques et/ou made in France.

Notre garde-robe

Nous consommons beaucoup de vêtements. Plus exactement, nous achetons beaucoup de vêtements. Par an, les femmes achètent 32 articles en moyenne, pour un coût total de 555€. Tandis que les hommes en achètent en moyenne 16, pour un coût total de 312€. Cela représente une somme importante lorsque l’on sait que nous ne portons que 10 à 30 % de notre garde robe. La plupart de nos vêtements sont achetés sur un coup de tête, une pulsion et finissent donc, après une ou deux utilisations, pliés au fond d’un tiroir. Si entre 2001 et aujourd’hui, les ventes de vêtements ont été multipliées par 2 à travers le monde, c’est grâce (ou plutôt à cause) aux prix qui sont tirés au plus bas par de nombreuses enseignes. En achetant des t-shirts à 4€ ou des jeans à 29€, nous pouvons donc désormais nous permettre de collectionner des vêtements plutôt que de les porter.

L’industrie du textile et de la mode

L’industrie textile est le second secteur économique le plus polluant, et même le premier si on considère que l’industrie pétrolière (au premier rang) sert finalement à alimenter tous les autres secteurs. Si acheter un vêtement à bas coût est bénéfique pour votre porte monnaie, il l’est moins pour la planète et les gens qui ont œuvré pour le concevoir.

L’IMPACT DE CHAQUE ETAPE

La culture de la matière première :

Le coton par exemple, qui est le plus utilisé dans l’industrie textile : Il représente 3 % des surfaces agricoles mondiales mais sa culture nécessite le plus de produits chimiques parmi toutes les autres (20% des pesticides et 22% des insecticides produits dans le monde sont utilisés pour la culture du coton). Elle est en grande partie responsable de la mort de 20 000 fermiers chaque année. Pour 1kg de coton, il faut en moyenne 10 000 litres d’eau. Pour les consommateurs, le coton conventionnel cause des problèmes d’eczema et des irritations.

La Filature :

C’est également une étape polluante et gourmande en eau. Il faut savoir que chaque fibre a son procédé de filature. Pour les fibres naturelles, il faut nettoyer les fibres brutes en profondeur, c’est à dire éliminer les résidus d’engrais ou autres substances antiparasitaires utilisées lors de l’élevage des animaux. Pour les fibres chimiques, celles-ci sont directement synthétisées lors de la filature. Une grande quantité de solvants est utilisée, ce qui génère des concentrations importantes de composés organiques volatils dans l’air intérieur.

Le tissage :

Lors ce cette étape, les fils sont soumis à de très fortes contraintes mécaniques. Pour les protéger et les lubrifier, des agents d’encollage enrobent les fils de chaîne avant le passage sur les métiers à tisser. Ce sont des agents d’origine naturelle (amidons, celluloses, protéines…) et des substances synthétiques (polyester, polyacrylate…) qui sont par la suite éliminés des étoffes lors du désencollage.

Ennoblissement et pré-traitement :

le désencollage, le dégraissage et le blanchiment représentent 50% des charges polluantes des sites d’ennoblissement textile. Quand elles sont mutualisées, de sérieuses économies d’eau et d’énergie ont réalisées mais cela n’évite pas les rejets atmosphériques ni la pollution de l’eau. Les agents de blanchiment qui préparent les étoffes avant leur teinture éliminent les pigments présents sur les fibres. A base de composés halogènes comme l’hypochlorite de sodium par exemple, ils sont très toxiques.

La teinture :

Il existe presque autant de procédés de teinture que de colorants et de mélanges de fibres. Les teintures conventionnelles, dérivées du pétrole avec un fort impact environnemental, contiennent une série de composants chimiques nocifs pour la santé (métaux lourds, colorants azoïques, formaldéhyde, chlore…). Le bain de teinture entraîne le rejet de bon nombres de produits auxiliaires dans les eaux usées. Ces substances rejetées dans la nature sont potentiellement cancérigènes en particulier lorsqu’elles se mélangent à la sueur. Les teintures classiques contiennent également de nombreux perturbateurs endocriniens qui peuvent porter atteinte au fonctionnement de nos hormones.

La confection :

C’est la transformation du tissu en vêtement. Ici, il est question de conditions de travail, plus que de pollution. Malgré les nombreuses machines utilisées, cette étape nécessite des Hommes et de réelles compétences. Les employés des usines de confection dans certains pays travaillent dans des conditions bien différentes de celles des travailleurs français. Rémunération au plus bas, locaux insalubres, stress, temps travaillé dans la semaine pouvant dépasser les 60 heures… Si des marques ont choisi d’aller confectionner à l’étranger, il faut bien comprendre pourquoi. Le prix final du vêtement dépend en grande partie de cette étape, car elle représente la majorité de la valeur ajoutée du vêtement. Quand un vêtement est estampillé Made In France, on parle bien de cette étape. Quand un vêtement est confectionné à l’étranger, son coût peut être divisé par 10. En Chine, en Inde ou au Bangladesh par exemple, le coût de la confection d’un t-shirt peut tomber à 1€, alors qu’en France, le coût est en moyenne de 10€.

Les opérations de finition :

Dernière étape, la finition de certains textiles, outre l’impression, donne aux étoffes de nouvelles propriétés : les tissus deviennent infroissables ou résistent mieux au feu. Ou encore donnent un aspect usé. Ces nouveaux atouts ne sont pas dénués de dangers pour ceux qui les fabriquent comme ceux qui les portent.

L’impression : consiste à reproduire un dessin sur la zone d’une étoffe par l’application de flamme grâce à des agents particulièrement toxiques.

L’enduction : consiste à appliquer une pâte, plus ou moins toxique, sur toute la surface d’une étoffe pour l’imperméabiliser. Seules les fibres cellulosiques profitent de procédés de finition pour faciliter leur entretien. Le lavage facile et l’infroissabilité sont obtenus grâce à des substances comme le formaldéhyde (formol sous forme gazeuse).

Le sablage : Il s’opère sous haute pression à l’aide de canons sur la toile denim pour en vieillir l’aspect. Cette opération manuelle libère des particules de silice cristalline dont l’inhalation peut être mortelle pour les ouvriers. Elle est devenue interdite dans plusieurs pays mais pas encore en Égypte, Jordanie, Syrie, Inde, Chine, Indonésie, Bangladesh, Mexique, Cambodge ni Pakistan. Il existe des techniques de substitution comme le brossage.

À toutes ces étapes, n’oublions pas de rajouter :

– Les transports entre ces différentes étapes de la fabrication d’un textile. Certains études démontrent que certains vêtements ont parcouru plus de 40 000 km entre le lieu de culture et le magasin qui vend le vêtement final.

– La consommation d’énergie (électricité pour faire tourner les machines) dans ces différents lieux de transformation peut s’avérer également très importante.